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Résumé de la rencontre botanique du jeudi 23 novembre 2017

Salle du Foyer, 36 rue de Courdiec


Nous sommes encore une douzaine de fidèles à nous réunir rue de Courdiec pour nous familiariser avec les termes de la botanique et procéder à des travaux pratiques, en ce jour gris qui annonce les frimas. Les sujets traités tourneront beaucoup autour des types de végétaux, de la sexualité des plantes, des fruits et des feuilles. Monique et Michel ont à nouveau procédé à une grande collecte dans la nature ; il s’agit cette fois de feuilles d’arbres, qui furent l’objet d’une espèce de quizz bien sympathique ; le jeu consistant à reconnaitre les essences d’arbres, auxquelles appartiennent ces feuilles aux couleurs d’automne.

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Une collecte de feuilles à reconnaître Parfois les livres sont utiles

Nous avons abordé le vocabulaire propre aux plantes. Les plantes ont été classées par les scientifiques, selon différents types biologiques. Le plus usité est le suivant :

Classement par les cycles de vie

Sous nos climats tempérés, les plantes doivent résister aux hivers rigoureux comme aux sécheresses sévères. Elles n’ont pas les mêmes méthodes de survie.

Vous connaissez les plantes annuelles qui survivent uniquement par les graines qu’elles répandent chaque année et qui germeront l’année suivante en une nouvelle génération. La graine est une plante entière et vivante. La graine passe l’hiver dans le sol, parfois dans le fruit sec alors que la plante en tant que telle, se dessèche, meurt et disparait. C’est sur ce seul phénomène que repose la pérennité des espèces annuelles. Les graines des plantes annuelles sont nécessairement orthodoxes (1), c'est-à-dire qu’elles possèdent la propriété de ne pas se déshydrater durant la période hostile. Certaines, comme celles des coquelicots peuvent ainsi conserver la faculté de germer après avoir passé des dizaines d’années dans le sol. D’autres, ne survivent qu’une année et la pérennité de l’espèce s’en trouve plus précaire. Partant, dans la nature, le taux de germination des graines de plantes annuelles, est en général assez élevé, au moins suffisant pour assurer la pérennité de l’espèce.

Une espèce bisannuelle (comme le ‘Cabaret des oiseaux’, Dipsacus fullonum) survit de la même manière grâce aux graines. La seule différence avec les plantes annuelles, est que la germination des graines intervient rapidement, la même année N que la fructification de la plante et que le jeune plant résistant aux frimas, passera l’hiver sous la forme de plante juvénile aérienne et racinée pour fleurir et fructifier l’année suivante N+1. Elle produit alors de nouvelles graines et meurt.

Quand aux plantes dites vivaces, elles vivent durant plus de 2 années, parfois des dizaines d’années, sous forme de plantes racinées. Souvent, la partie aérienne disparait durant les périodes froides ou sèches et trop chaudes de l’été.
(Pivoine, aster …) mais ses bourgeons aériens ou souterrains, subissent sans dommage les rigueurs du climat et la plante réapparait dès que les conditions climatiques minimales sont réunies. D’autres plantes vivaces ont un feuillage persistant, donc résistant aux intempéries (Hellébore, arbousier, raphiolepis, bruyères, thym …).

Remarques :
¤ De nombreuses espèces peuvent être vivaces sous le climat de leur pays d’origine et être cultivées en annuelles sous nos climats tempérés. Bégonias, Cléomes …
¤ Les plantes annuelles sont en général herbacées. En revanche, les vivaces à feuillage persistant sont plutôt ligneuses. Les tiges herbacées, molles, se transforment en tiges ligneuses (consistance du bois) par le phénomène estival qu’on appelle aoûtement. Ce que les plantes annuelles n’ont pas le temps de faire avant de mourir.

(1) Par opposition, les graines qui se déshydratent rapidement et qui ne peuvent pas être conservées sont dites graines vulnérables. C’est le cas de nombreuses graines d’arbres de la forêt tropicale humide. Par exemple, les graines des arbres de la famille des Diptérocarpacées (Bois nobles) ne peuvent germer que dans les 48 à 72h qui suivent lors chute au sol. Phénomène courant en milieu tropical humide.

¤¤¤

Classement par les types biologiques (Classification de Raunkiaer botaniste danois) .

Ce classement apparu en 1904 et définitivement adopté en 1934, prend en compte le milieu de vie et la position des
organes de survie de la plante durant la mauvaise saison. Poster ci-dessous.

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Note : Chaméphyte s’écrit aussi chamæphyte - Cryptophyte est un synonyme de géophyte.

On utilise aussi d’autres critères de classement. Notamment en prenant en compte le milieu de vie aturel des plantes. Ces termes recoupent souvent ceux du classement de Raunkiaer, tels que les hydrophytes et les hélophytes.

On peut ainsi parler des héliophytes, plantes qui préfère le grand soleil et des psammophytes (du grec pasmmos : sable) qui sont adaptées aux milieux sableux (synonyme : plantes arénophiles). Nous avons des psammophytes en grand nombres dans les dunes du bord de mer dont les types pourraient être Carex arenaria, cette petite laiche qui se propage en lignes droites par stolons souterrains dans le sable des dunes blanches, le chardon bleu ou les chiendents, Elytrigia atherica et Elytrigia juncea.

Les psammophytes supportent aussi la sécheresse des dunes sableuses, tout comme les lithophytes qui poussent dans la rocaille des zones arides. Ces deux groupes sont des xérophytes, plantes de milieu sec.

On peut aussi inclure dans les xérophytes, la plupart des épiphytes. Les épiphytes sont des plantes qui se servent d’autres plantes comme support, sans les parasiter. (Broméliacées, fougères, orchidées tropicales etc…) de ce fait elles doivent supporter le stress hydrique des saisons sèches et ne survivent que grâce aux rosées des forêts ombrophiles (brumes fréquentes).

Par ailleurs, de nombreux qualificatifs sont utilisés pour indiquer les biotopes préférés des plantes ou au contraire ce qu’elles ne supportent pas. Ainsi, les plantes calcicoles aiment le calcaire (substrat basique), les plantes calcifuges le rejettent. Les calcifuges sont en général des plantes acidophiles, elles aiment ou exigent des substrats acides.

Les plantes saxicoles poussent sur les rochers, on dit aussi rupicoles. Précision, les plantes chasmophiles (ou fissuricoles) préfèrent les fissures dans les rochers, les falaises, les murs. Quand l’espèce affectionne les vieux murs, elle est muricole. Il va de soi qu’une plante, le Polypode des murs par exemple, peut être à la fois saxicole, chasmophile et muricole.

Enfin, les plantes rudérales, affectionnent les ruines, les décombres, les friches et les bords des chemins.

Pollinisation des fleurs

I - Autogamie

Chez les plantes, la fécondation d’un gamète femelle (ovule) par le pollen porteur des gamètes mâles, est parfois d’une grande simplicité. Lorsque les fleurs d’une plante sont hermaphrodites et que la plante est autogame (du grec mariage et auto : soi-même), le pollen de la fleur féconde le pistil de la même fleur sans autre forme de procès. Exemples : blé, riz, pois, colza, tomate …

Nota : ‘gamète’ vient du grec ancien ‘époux’.
Mais la nature, sans doute pour limiter les risques de consanguinité, a développé des stratagèmes pour imposer aux plantes des fécondations croisées, facultatives ou obligatoires…

II - Allogamie

L’allogamie (du grec allos : autre) indique que l’accouplement ne peut s’effectuer qu’entre gamètes issues de fleurs distinctes.

A - Fleurs hermaphrodites : chez les plantes aux fleurs hermaphrodites la nature a inventé 4 systèmes pour empêcher l’autogamie et favoriser l’allogamie plus appropriée à la diversité génétique des espèces.

¤ Une barrière matérielle ou distylie. La morphologie de la fleur est conçue pour empêcher la fécondation autogame et en général seuls les insectes porteurs de pollen d’autres fleurs ont accès au stygmate récepteur. C’est la fécondation croisée mécanique. Cependant, cette fécondation croisée n’est réalisée qu’à 90 %, elle est facultative. Exemple : certaines orchidées.

¤ Décalage dans le temps de la maturité des organes sexuels anthères (émetteurs du pollen) et stygmates (récepteur du pollen) C’est la protogynie et la protandrie. Dans le premier cas la maturité du pistil de la fleur précède dans le temps celle des anthères, qui libèrent le pollen alors que la les stygmates ne sont plus réceptifs. Ainsi, le pollen ne pourra féconder qu’une autre fleur (exemple : sur les fleurs de Magnolia grandiflora, les stygmates sont réceptifs durant moins de 24h et le pollen n’est libéré que le lendemain). C’est de la Protogynie. Le pollen de la fleur considérée ne pourra féconder qu’une autre fleur. Dans le second cas, c’est l’inverse, les anthères murissent en avance, alors que les stygmates ne sont pas encore réceptifs. C’est un cas très fréquent chez les plantes fécondées par les insectes. Il y a dans les deux cas fécondation croisée temporelle.

¤ Séparation des sexes dans l’espace chez les plantes monoïques, c’est la Monoécie. Ces plantes portent des fleurs mâles et des fleurs femelles distinctes. Les fleurs mâles fécondent les fleurs femelles du même sujet (ou d’un autre sujet) il y a fécondation croisée obligatoire. C’est le cas de nombreux végétaux tels que les chênes, les châtaigniers, les aulnes, les charmes, les oliviers, le maïs ou la plupart des Cucurbitacées.

¤ Séparation des sexes dans l’espace chez les plantes dioïques, c’est la dioécie. Chez ces espèces, les fleurs mâles et les fleurs femelles sont portées par des sujets distincts. La fécondation croisée est naturellement aussi obligatoire. Il faut aussi la présence d’un pied mâle à proximité des pieds femelles. Exemples : houx, peuplier, palmier dattier, chanvre, asperge, bananier, actinidias (kiwis)…

III – Autostérilité

Enfin, il existe des plantes autostériles, tels que certains arbres fruitiers comme ceux du genre Prunus (cerisiers …) Ce sont le plus souvent des hybrides. Ces plantes ne peuvent être fécondées que par certaines variétés d’une même espèce, voire d’une seule. Ce blocage est dû à des auxines (phytohormones de croissance), sujet d’études complexes hors de propos pour moi de vous en parler… Retenez seulement qu’il faut bien choisir un arbre fruitier, dans des catalogues bien documentés. Ceux qui signalent l’autostérilité et indiquent les espèces et variétés pollinisatrices de la variété choisie. Cela dit, dans le cas des cerisiers, le Merisier (cerisier sauvage : Prunus avium) est un pollinisateur quasi universel des cerisiers à fruits.

IV – Vecteurs de pollinisation

L’allogamie n’est possible que par des vecteurs de transport du pollen. En botanique, il est d’usage de donner des noms à ces modes de transport. L’allogamie devient anémogamie quand le vent est le facteur de transport du pollen ou zoogamie lorsqu’un animal est en cause. Plus précisément, on parle d’entomophilie, d’ornithophilie ou de chiroptérophilie, lorsque les facteurs de transport sont respectivement des insectes, des oiseaux ou des chauves-souris. Et pour mémoire il faut évoquer l’hydrogamie (fécondation en milieux aqueux), bien qu’elle n’intéresse que les plantes archaïques (fougères, mousses, algues etc)

Modes de dispersion des graines

Les espèces végétales dans leur évolution se sont pourvues de moyens de dispersion de leurs graines, en faisant parfois appel à des facteurs ou agents extérieurs. Il a bien fallu qualifier ces procédés.

Certaines plantes, des balsamines, des violettes ou le genêt d’Espagne, sont dotées de moyens propres pour disséminer leurs graines par des moyens mécaniques (éclatement brusque du fruit par exemple avec projection des graines). On parle alors d’autochorie (le suffixe ‘..chorie’ vient du grec khorein qui signifie : se mouvoir). Lorsque les graines d’une plante, tombent au sol par gravité, l’espèce est barochore. Quand l’eau est le facteur de transport (souvent des plantes aquatiques) c’est naturellement de l’hydrochorie. Une plante dispersant ses graines grâce au vent est anémochore, grâce aux animaux elle sera zoochore ou épizoochore, c’est à dire ornithochore lorsqu’il s’agit d’oiseaux, mammaliochore si la fourrure d’un petit mammifère en a été le vecteur (graine accrochantes) ou dyszoochore si un animal a enterré une graine ou un fruit (gland, noisette …) et l’a oublié. Par les activités humaines elle est hémérochore ou anthropochore, à cause des conflits, polémochore.


Date de création : 02/01/2018 @ 05:38
Catégorie : Actualités - Plantes et Nature
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