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PLANTES ET NATURE

Compte rendu de la randonnée botanique du 13 Septembre 2018

Du côté de Kercadoret (Locmariaquer)

Beau temps un peu nuageux mais calme, température modérée, alors que la pluie est toujours aussi absente de nos horizons. Nous sommes encore 21 à avoir décidé d’aller à la recherche des gentianes bleues ‘pneumonantes’ hôtes de l’Azuré des mouillères, sur le site protégé de Kercadoret. Elles sont présentes, petites mais nombreuses. Nous les compterons bientôt par milliers tant leur expansion semble se confirmer.

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Notre petit papillon bleu est là aussi et nous relevons la présence de nombreuses pontes sur plus de la moitié des fleurs bleues de la gentiane. Des petits oeufs blancs déposés ça et là, surtout sur les pétales, le calice ou les pédoncules des gentianes, parfois sur les tiges. Nous écumerons ensuite la flore de cette belle lande, avant de nous rendre à Ty Gard où Monique et Michel avaient repéré quelques plantes intéressantes, dont le lis de mer.

Dès l’arrivée sur les lieux, les observations ne manquent pas, en voila un large aperçu :

Origan ou Marjolaine sauvage (Origanum vulgare L.) Lamiaceae - Plante aromatique et médicinale (antiseptique) originaire d’Europe. Tige rougeâtre de section carrée.
Inule fétide [Dittrichia gravaeolens (L.) Desf.] = Inula gravaeolens (L.) Desf. Asteraceae – Plante pubescente, visqueuse à odeur forte.
Gentiane pneumonanthe ou Gentiane des marais (Gentiana pneumonanthes L.) Gentianaceae - Gentiane herbacée vivace acidophile de 10 à 60 cm des milieux humides. Hôte d’un papillon bleu, l’Azuré des mouillères. (Pour la cohérence du compte rendu, je reproduis ci-dessous l’article qui vous a été adressé la semaine dernière)

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Wanted : un ‘serial killer’ masqué
 

L’Azuré des mouillères (Phengaris alcon) appelé aussi Protée, est un petit papillon bleu de la famille des Lycaenidae, espèce considérée comme quasi-menacée par l’U.I.C.N.

Son identification doit tenir compte du dimorphisme sexuel de l’espèce. Le dessus des ailes du mâle est bleu terne, alors qu’il est brun-gris chez la femelle. A l’inverse, chez les deux sexes, le revers des ailes est toujours ocre, orné de 2 lignes de points noirs cernés de blanc.

On est loin de penser que ce fragile et ravissant papillon est un redoutable serial killer, auteur de psychodrames permanents et d’impitoyables massacres au sein même de fourmilières ignorées.

Son histoire est en effet un psychodrame. La femelle pond ses oeufs sur les boutons floraux de certaines gentianes des espèces : Gentiana pneumonanthe et Gentiana asclepiadea. L’éclosion est rapide et la chenille du papillon va passer par 4 stades larvaires. Les trois premiers sont phytophages. Lorsque la chenille atteint le quatrième stade elle se laisse choir au sol. Incapable de se mouvoir, elle doit alors être obligatoirement recueillie par des fourmis des espèces Myrmica ruginodis ou Myrmica scabrinodis, qui l’emporteront au coeur de leur fourmilière.

Ce curieux phénomène est une cruelle tromperie. Les hydrocarbures cuticulaires de la chenille émettent des signaux mimétiques chimiques et acoustiques proches de ceux émis par les reines de la fourmilière notamment des stridulations caractéristiques. Ce qui explique que les fourmis vont prendre en charge la chenille et la soigneront comme elles soignent les larves des futures reines. Sans se douter qu’elles ont un loup dans la bergerie.

Ainsi, la larve de papillon va passer 10 à 11 mois au chaud dans la fourmilière et dévorer près de 600 larves de fourmis pour se nourrir. Près du terme de ce séjour assassin, la chenille gagne la partie haute de la fourmilière et passe au stade de chrysalide.

Les mâles sortent des fourmilières quelques jours avant les femelles. Celles-ci sont fécondées dès leur sortie et pondent immédiatement après sur des gentianes, et le cycle est bouclé. Il n’y a qu’une seule génération d’Azuré dans l’année. (Jean de La Fontaine aurait trouvé matière à une fable)
Ce processus symbiotique, illustre combien est précaire la survie de ce papillon, inféodée à deux autres espèces totalement étrangères. Un autre insecte et une plante.

En fait, ce phénomène n’est pas aussi rare qu’on peut le penser. On le retrouve dans la plupart des espèces de la famille des Lycaenidae vivant en symbiose avec d’autres espèces de plantes (Thyms, Sanguisorbe etc…) et d’autres espèces de fourmis. Par ailleurs, des phénomènes comparables existent chez d’autres familles d’insectes volant ou rampant.

Inule_fetide.jpg Origan_-_Marjolaine.jpg
Inule fétide Origan

A l’orée de la pinède, nous avons sous les yeux un joli paysage de lande à bruyère où sont présentes les 3 espèces d’Ericacées les plus communes de la région :
Bruyère cendrée (Erica cinerea L.)
Callune [Calluna vulgaris (L.) Hull.] Ericaceae
Bruyère ciliée (Erica ciliaris Loefl. ex. L.)

Bruyere_cendree.JPG Callune_fausse_bruyere.JPG Bruyere_ciliee.JPG
Bruyère cendrée Callune fausse bruyère Bruyère cillée

Elles s’insèrent entre des touffes de Molinie bleue et d’ajonc de Le Gall, alors qu’au bord du chemin, Monique nous fait remarquer la Cicendie fluette, autre représentante discrète d la famille des Gentianacées.
Molinie bleue [Molinia coerulea (L.) Moench] Poaceae
Ajonc de Le Gall (Ulex gallii, Planchon) Fabaceae
Cicendie naine – Cicendie fluette [Exaculum pusillum (Carl.) Caruel in Parl.] Gentianaceae

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Molinie bleue Ajonc de Le Gall Cicendie naine

Panicaut vivipare ou Panicaut nain vivipare (Eryngium viviparum, Gay) Apiaceae

Panicaut_nain_vivipare.JPG Panicaut_nain_vivipare_-.JPG
Panicaut vivipare ou Panicaut nain vivipare

Un précieux chardon miniature

Eryngium viviparum ou Panicaut vivipare, est une des plantes les plus rares du monde. Autrefois répandue sur la côte sud du Pays d’Auray, elle est aujourd’hui au bord de l’extinction, classée CR (Danger critique de disparition) par l’U.I.C.N.. Protégée au niveau mondial on ne connait plus en France qu’un seul petit peuplement, à Belz (Morbihan) et cinq ou six spots dans le Nord ouest de l’Espagne (Galice et Asturies). Cette petite station de Belz a été redécouverte par Gabriel Rivière en 1976. Son site privé est protégé par un « arrêté de biotope » et maintenu à la force des bras par des bénévoles de l’association SEPNB / Bretagne vivante.

C’est un très petit panicaut à fleurs bleues (Voir photo), réputé plante pionnière des dépressions inondables peu profondes. Plusieurs jardins botaniques se sont efforcés de le multiplier et de le réimplanter, à priori sans succès jusqu’à ce jour, bien que la fondation Yves Rocher le cultive et le présente dans un carré de culture du jardin botanique de La Gacilly (Morbihan) et que de récents essais sur des sites relativement protégés semblent donner quelques timides résultats positifs, comme nous l’avons constaté à Kercadoret et à Carnac.

Jonc des chaisiers ou Scirpe des lacs (Scirpus lacustris L.) Cyperaceae – Sec il est utilisé pour le paillage.
Potamot à feuilles de renouée (Potamogeton polygonifolius, Pourr.) - Potamogetonaceae
Gnaphale des fanges (Gnaphalium uliginosum L.) Asteraceae

Jonc_des_chaisiers.jpg Potamot_a_feuilles_de_renouee.jpg Gnaphale_des_marais.jpg
Jonc des chaisiers Potamot à feuilles de renouée Gnaphale des fanges

Succise des prés (Succisa pratensis Moench.) Dipsacaceae
Serratule des teinturiers (Serratula tinctoria L.) Asteraceae

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Succise des prés Serratule des teinturiers

Scorsonère humble ou Petite scorsonère - (Scorzonera humilis L.) - Asteraceae
Canche cespiteuse [Deschampsia coespitosa (L.)P. Beauv.]
Cumin des prés Silaüs des prés [Silaum silaus (L.) Schinz & Thellung] Apiaceae

Scorsonere_humble.jpg Canche__cespiteuse.jpg Silaus_des_pres.jpg
Scorsonère humble Canche cespiteuse Cumin des prés

Erythrée ‘Petite centaurée’ (Centaurium erythraea Rafn.) Gentianaceae
OEnanthe de Lachenal (OEnanthe lachenalii, C.C.Gmel.) Apiaceae
Scirpe maritime (Scirpus maritimus L.) Cyperaceae

Erythree_ou_Petite_centauree.jpg Oenanthe_de_Lachenal.jpg Scirpe_maritime.jpg
Erythrée ‘Petite centaurée’ OEnanthe de Lachenal Scirpe maritime

Ansérine – Herbe aux oies [Argentina anserina (L.)Rydb.] Rosaceae
Ecuelle d'eau (Hydrocotyle vulgaris L.) Apiaceae

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Ansérine – Herbe aux oies Ecuelle d'eau

Jussie à grandes fleurs [Ludwigia grandiflora (Michaux) Greuter & Burdet] Onagraceae – Invasive à éradiquer
Menthe pouliot (Mentha pulegium L.) Lamiaceae
Menthe en épis (Mentha spicata L.) Lamiaceae

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Jussie à grandes fleurs Menthe pouliot Menthe en épis

Massette à feuilles larges (Typha latifolia L.) Typhaceae – Plante hélophyte très commune. Il existe une espèce proche, à feuilles étroites, d’origine américaine, naturalisée et assez commune.
Bident feuillé ou Bident à fruit noirs (Bidens frondosa L.) Asteraceae - L’espèce tripartita est plus commune.
Mélisse officinale (Melissa officinalis L.) Lamiaceae – Herbacée vivace, aromatique.

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Massette à feuilles larges Bident feuillé Mélisse officinale

Epilobe velu ou Epilobe hérissé (Epilobium hirsutum L.) Onagraceae
Pulicaire dysenthérique [Pulicaria dysenterica (L.) Bernh.] Asteraceae
Epilobe à petites fleurs (Epilobium parviflorum Schreb.) Onagraceae

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Epilobe hérissé Pulicaire dysenthérique Epilobe à petites fleurs (

Spiranthe d’automne [Spiranthes spiralis (L.) chevall.] Orchidaceae
Lis de mer (Pancratium maritimum L.) Amaryllidaceae

Spiranthe_dautomne.jpg Lis_de_mer.jpg
Spiranthe d’automne Lis de mer

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Les plantes menacées ne le sont pas toutes au même degré. L’UICN a établi une échelle de vulnérabilité universellement reconnue
Nous faisons souvent allusion à ce classement et utilisons pour cela le vocabulaire de cette échelle UICN.

EX Eteinte Espèce considérée comme définitivement éteinte (3%)
EW Eteinte à l’état sauvage Espèce conservée ex-situ
CR En danger critique d’extinction Le Panicaut vivipare en est un exemple parmi 30 espèces
EN En danger Actuellement 44 espèces concernées en Bretagne
VU Vulnérable 88 espèces sont dans ce cas, toujours en Bretagne
NT Quasi menacée 97 sont quasi menacées dont Liparis loselii
LC Préoccupation mineure 879 espèces (69 % de la flore armoricaine)
DD Données insuffisantes 178 plantes
NE Non évaluée 43 % de la flore bretonne

Références* : 2 589 plantes en Bretagne - 1 452 plantes évaluées - 3 % de la flore a disparu - 19 % de la flore est menacée ou quasi-menacée - 12 plantes ont peut-être disparu - 178 plantes dont les données sont insuffisantes


* Données chiffrées du Conservatoire Botanique National de Brest 2016 - www.cbnbrest.fr


Date de création : 22/09/2018 @ 17:37
Catégorie : Actualités - Plantes et Nature
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