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Le Téno - Pluneret

PLANTES ET NATURE

Compte rendu de la sortie du 13 juillet

La lande du Teno en Pluneret

Par cette belle journée estivale chaude et ensoleillée, Monique et Michel nous proposent une escapade au nord ouest du golfe. Nous serons dans la maille VT 07 de l’IGN que j’appelle ‘Golf nord’ de notre territoire habituel, entre le village de Kerchican et le Sal qui prend le nom de rivère du Bono, elle-même étant un bras de la rivière d’Auray.  
 Nous sommes quinze à avoir choisi la lande du Téno plutôt que la plage ; le circuit s’avèrera fort agréable dans la relative fraicheur des bois. Comme nous l’explique Michel, c’est l’occasion de visiter un biotope caractéristique de la Bretagne, la lande.

« Pauvre enfant de la Bretagne les landes me plaisaient : les bruyères sont mon nid et mes moissons ; leur fleur d’indigence et de solitude est la seule qui ne soit pas fanée à la boutonnière de mon habit » François-René de Chateaubriand (Mémoires d’outre-tombe t.3 1833)

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La lande en zones de climat tempéré, est le plus souvent un écosystème naturel qui provient de la dégradation de la forêt dans des régions aux sols pauvres (oligotrophes), siliceux (silicicole) ou calcaire (calcicole). On l’appelle lande secondaire par opposition à la lande primaire qui est un climax.    

C’est un milieu qui couvre d’immenses surfaces dans le monde mais qui est depuis longtemps en forte régression en Europe (Causes principales : agriculture, mitage …). On ne le trouve plus guère en France que dans le ‘Massif armoricain’ et dans le ‘Massif central’ et ça et là du nord au sud.

On attribue la lande bretonne à une longue dégradation de la forêt climacique de chênes ou de hêtres, modifiée par les pratiques anthropiques, du néolithique jusqu’à une période récente : brûlis, utilisation du bois, agriculture (surpâturage, fauchage, étrepage…), urbanisation. L’introduction du pin maritime au XIXème siècle a parachevé le modelage des paysages actuels. Mais le facteur le plus caractéristique de la lande silicicole bretonne est la fruticée d’ajoncs, de genêts et de bruyères, ainsi que la présence de graminées (Molinies) et de la fougère aigle. On remarquera que les familles végétales dominantes sont les Fabaceae (autoenrichissement des sols en azote) et les Ericaceae qui affectionnent l’acidité des substrats.

Vous ne serez pas étonné par la diversité beaucoup plus large des plantes observées au cours de la randonnée et listées ci-dessous. Cela s’explique notamment par la présence sur la lande du Téno de zones humides telles mares, de  marais et des berges marines du Sal et de ses affluents ...

Bonne lecture de la suite et à bientôt sur les sentiers.

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Bruyère cendrée Bruyère cilliée Bruyère à 4 angles

Ajonc nain   (Ulex minor L.)  Fabaceae  - Arbrisseau de petit développement, prostré quasi tapissant ou pas, spécifique des landes humides et lieux incultes siliceux de l’ouest et du centre de la France.
Ajonc de Le Gall  (Ulex gallii Planchon)  Fabaceae –  Arbrisseau 50/150cm, floraison jaune-oranger août-décembre. (Bretagne, Normandie, Pyrénées atlantiques, présent en G.B. et Espagne.  
Millepertuis élégant  (Hypericum pulchrum L.)  Clusiaceae/Hypericaceae - Plante glabre Fleurs en cyme bipare. Boutons floraux rougeâtres.

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Ajonc nain Ajonc de Le Gall Millepertuis élégant

Bourdaine  (Frangula alnus Mill.)   Rhamnaceae – Elégant arbrisseau silicicole de sous-bois, landes, haies et lisières. 1 à 4 m. Le meilleur bois pour la fabrication du charbon de poudre noire. Ecorce purgative. Fruits aux effets psychotropes.
Tormentille ou  Herbe du diable (Potentilla erecta L. Raeusch.) Rosaceae. Les fleurs de Rosaceae ont 5 pétales. La Tormentille est une exception avec ses fleurs  à 4 pétales. C’est une potentille très commune, médicinale  astringente très utilisée au XVIIIème siècle.

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Bourdaine  Tormentille ou  Herbe du diable

Epiaire des bois ou Ortie puante (Stachys sylvatica L.)  Lamiaceae – Herbacée vivace aux feuilles froissées. Une eurasiatique plutôt nordique.
Germandrée scorodoine ou Sauge des bois (Teucrium scorodonia L.)  Lamiaceae – Une germandrée qui ressemble à une sauge. Plante des sols pauvres, acidophiles et qui préfère la semi-ombre, les lisières et les bois clairs.
Brachypode penné  [Brachypodium pinnatum (L.) P. Beauv.]  Poaceae – Herbe rhyzomateuse vivace plutôt calcicole qui a tendance à coloniser le terrain au détriment des autres espèces. Feuilles dures, planes et de couleur vert-jaune à vert glauque.

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Epiaire des bois ou Ortie puante Germandrée scorodoine Brachypode penné 

Cicendie naine  [Exacullum pusillum (Carl.) Caruel in Parl.]  Gentianaceae -  Très petite plante 3/10 cm, annuelle, glabre et rameuse,  d’origine méditerranéenne figurant  sur la liste rouge du Massif armoricain (Lrma).
Cicendie filiforme  [Cicendia filiformis (L.) Delarbre ] Gentianaceae - Petite plante annuelle assez commune de 5-15 cm, glabre, à tiges filiformes, rigides, dressées, simples ou peu rameuses, à rameaux dressés – Europe Sud et Ouest AFN.

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Cicendie naine Cicendie filiforme 

Patience agglomérée  (Rumex conglomeratus  Murray) – Un Rumex à l’inflorescence caractéristique, étalée ascendante. Très commune cette plante est présente sur plusieurs continents.
Epilobe à petites fleurs  (Epilobium parviflorum Schreb.) Onagraceae -  Un des petits épilobes assez difficile à distinguer de ses cousins, notamment E. obscurum.

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Patience agglomérée  Epilobe à petites fleurs 

Benoîte  (Geum urbanum L.) Rosaceae – Plante herbacée, vivace, nitrophile et hyrophile des friches haies et bois. Est parfois utilisée dans le nord pour preparer la bière. Racines au parfum de clou de girofle. Commune.
Carvi verticillé  [Trocdaris verticillatum (L.) Raf. ] nom retenu depuis 2016  /  Syn. : Carum verticillatum – Apiaceae – Plante vivace, glabre, silicicole des terrains marécageux. Ombelles à 8/15 rayons filiformes étalés.
Petite scorsonère ou Scorsonère humble  (Scorzonera humilis L.) – Asteraceae – Vivace européenne à souche épaisse. Tige fistuleuse (cylindrique et creuse). Marais, prés t bois humides.

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Benoîte  Carvi verticillé Petite scorsonère ou Scorsonère humble

Lysimaque commune  ou  Grande Lysimaque (Lysimachia vulgaris L.) Primulaceae – Plante vivace 50/100 cm des bords d’eaux. Tiges dressées robustes peu rameuse.
Glycérie inclinée  (Glyceria declinata Bréb.)  Poaceeae – Herbe assez commune des berges et zones humides.
Flûteau-fausse renoncule  [Baldellia ranunculoides (L.) Parl.]  Alismataceae – Plante amphibie des bords d’étangs en eaux peu profondes, des gazons de berges submersibles et des fossés inondables. 3 pétales et 6 étamines.

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Lysimaque commune  ou  Grande Lysimaque Glycérie inclinée  Flûteau-fausse renoncule

Potamot à feuilles de renouée  (Potamogeton polygonifolius Pourr.) – Potamogetonaceae – Plante aquatique hydrophyte des ruisseaux, mares et étangs en terrains siliceux.
Scirpe des marais  [Eleocharis palustris (L.) R. & Schult.]  Cyperaceae – Plante hélophyte vivace des marais de la zone circumboréale. Parfois planrée dans les stations d’assinissement par lagunage.
Eupatoire chanvrine  (Eupatorium cannabinum L.)  Asteraceae – Plante vivace des fossés, bois et zones humides, très commune. Soignerait les affections du foie.

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Potamot à feuilles de renouée  Eupatoire chanvrine

Liseron des Haies = Grand liseron (Convolvulus sepium L.)  Convolvulaceae -  Classée à nouveau, depuis 2016, dans le genre Convolvulus. Ancinnement Calystegia sepium, c’est le grand liseron des haies.
Lotier des fanges  (Lotus pedunculatus, Cav. = Lotus uliginosus, Schkuhr)  Fabaceae

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Liseron des Haies Lotier des fanges

Gaillet des marais  (Galium palustre L.)  Rubiaceae – Gaillet des milieux humides – Vivace à souche grêle de 20/60 cm. Feuilles verticillées par 4/5. Fleurs lâches blanches ou roses.
Menthe aquatique - Menthe à grenouille  (Mentha aquatica L.) Lamaiceae – Très commune …
Cirse des marais  [Cirsium palustre (L.) Scop.] Asteraceae – Plante 50/100 cm, dressée, forte, feuilles pennatipartites et décurrentes. Marais et prairies humides. Appelée parfois bâton du diable.

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Gaillet des marais  Menthe aquatique Cirse des marais

Anse

Scirpe maritime  (Bolboschoenus maritimus L.)  Cyperaceae  –  Anc.Scirpus maritimus – Plante à souche rampante. Touffe rigide 50/100 cm, Tiges de section triangulaire et feuilles rudes. Littoral et intérieur.
Jonc épars  (Juncus effusus L.)   Juncaceae – Très commun sur les 5 continents. Tiges nues faciles à casser et à moelle continue.
Jonc des crapauds  (Juncus bufonius L.)  Juncaceae – Petit jonc glabre 5 à 35 cm en touffe  (Pas de photo)
Œnanthe safranée  (Œnanthe crocata L.)  Apiaceae –  Grande ombellifère européenne de l’ouest, (100 cm) toxique, à souche en tubercule à suc jaune très venéneux. Tiges robustes, creuses sillonnées.

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Scirpe maritime Jonc épars  Œnanthe safranée

Aster maritime  (Tripolium pannonicum  (Jacq.) Dobrocz..)  Asteraceae – Aster à floraison de fin d’été. Reclassé dans le genre Tripolium. Plante  des bords de mer, prés salés et schorre sur tout le littoral européen et AFN.      
Bétoine officinale  ou Epiaire officinale (Betonica officinalis L. ssp. officinalis)  - Anc. Stachys officinalis (L.) Trév. – Plante médicinale très employée dans l’antiquité et au moyen-âge. – Feuilles opposées et crénelées.

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Aster maritime  Bétoine officinale  ou Epiaire officinale

Fougères

Les fougères ou Filicophytes comptent environ 13.000 espèces. Ce sont des plantes vasculaires plus anciennes que les Angiospermes (ou Magnoliophyta) et ce qui les distingue de ces dernières est le processus de reproduction s’effectue dans l’eau. Aussi les fougères ne croissent et ne se multiplient que dans les milieux humides.

Les feuilles de fougères sont appelées frondes. Les frondes sont en général constituées d’un pétiole qui se prolonge en rachis (nervure centrale chez la feuille) et d’un limbe plus ou moins découpé. Parfois le limbe est simplement incisé profondément (Polypode commun, Blechnum spicant …) on parle alors de limbe segmenté. Mais le plus souvent le limbe est composé de segments eux-mêmes plus ou moins découpés. On parle alors de division en segments primaires (les pennes), secondaires (les pinnules) ou tertiaires (les pinnulettes)

Les sporanges qui contiennent les spores (Équivalent des graines chez les angiospermes, mais nous y reviendrons …) sont groupés en sores fixés sous les frondes fertiles. Le nombre, la forme et la disposition des sores sont un bon moyen d’identification des espèces de fougères.

Les dessins ci-dessous proviennent du site Wikipedia.  Leur présente reproduction ici, n’a qu’un but pédagogique et ne génère pas le moindre profit à quiconque de l’association.

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Polypode des murs Fougère aigle Fougère femelle
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Fronde à limbe segmenté

Fronde à division primaire

Fronde à division secondaire
(segments ou pennes) (Segments à pennes et pinnules)

Fougère aigle  (Pteridium aquilinum  L. Kuhn. Ex Woyn.)   Dennstaedtiaceae -  Fougère rhizomateuse très commune répandue dans le monde entier, jusqu’en Nouvelle Calédonie. Ses spores sont infiniment petites et les courants aériens sont probablement la cause de son extension.
Dryopteris dilaté  [Dryopteris dilitata (Hoffm.) A. Gray] Dryopteridaceae – Plus rare que les précédentes. Frondes à limbe triangulaire et divisions tertiaires (voir dessin ci-dessus)

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Fougère aigle  Dryopteris dilaté 

Fougère mâle   [Dryopteris filix-mas (L.) Schott]  Dryopteridaceae - Une des plus communes parmi les grandes fougères.
Fougère femelle [Athyrium filix-femina (L.) Roth]  Woodsiaceae – Voisine de la fougère mâle (Dryopteris filix-mas, médicinale) leurs noms vernaculaires (communs) n’ont pas de rapport avec la sexualité des plantes. Elles se ressemblent ; sinon que le rachis des frondes de la fougère mâle est poilu. Les frondes de la fougère femelle sont plus finement découpées (Segments à pennes et pinnules). Les deux sont cultivées pour les jardins.
Blechnum en épi  [Blechnum spicant (L.) Roth.]  Blechnaceae – Fougère des zones humides et ombragées. Fronde finement découpées. Cette espèce ont des frondes fertiles, porteuses de sores au centre de la touffe et des frondes stériles à la périphérie de la plante. Peu commune mais parfois cultivée pour son graphisme délicat.

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Fougère mâle Fougère femelle Blechnum en épi 

Polypode des murs  (Polypodium vulgare L.)  Polypodiaceae – Très commune sur les vieux murs, cette espèce est souvent confondue avec une proche cousine tout aussi commune dans notre région : le Polypode du chêne (Polypodium interjectum, Shivas) qui affectionne les mêmes endroits et tout particulièrement les souches de chêne. De surcroît pour notre malheur, les 2 espèces s’hybrident entre elles.  
Osmonde royale (Osmunda regalis L.)   Osmundaceae – Bien que nous ne l’ayons pas rencontrée ce jour, je cite cette grande fougère archaïque méditerranéenne. Les sporanges apparaissent en gros épis sur des tiges spécialisées et non sous les frondes comme chez la plupart des fougères. Également cultivée pour l’ornement.

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Polypode des murs Osmonde royale

Bryophytes

Les Bryophytes (Mousses et assimilées) sont des plantes non vasculaires, qu’on pourrait appeler algues vertes terrestres. On en compte entre 1500 et 3500 espèces. C’est dire qu’on les connait assez mal.

Sphaignes  (Sphagnum sp. L.)  Sphagnaceae – Plante composante des tourbières. Les sphaignes sont à l’origine (aire primaire) de la formation de la houille. L’accumulation colossale de sphaignes géantes* a formé la tourbe, la lignite et le charbon au cours des millénaires en fonction des phénomènes de sédimentation, de température, de climat et des pressions géologiques. Ces formations d’origine végétale ont débarrassé l’atmosphère terrestre du dioxyde de carbone en excès d’où le phénomène récent des conséquences de la restitution du CO² à l’air que nous respirons par l’utilisation abusive de ces énergies fossiles.
* Également des fougères et prêles géantes contemporaines

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Photos : Michel Rialain & Jean_Bernard Beaufils


Date de création : 22/10/2019 @ 10:44
Catégorie : Rétrospectives - Sorties Botaniques-Année 2018-2019

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