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Le Brahen

PLANTES ET NATURE

Compte rendu de la randonnée botanique du samedi 12 octobre 2019

Zone humide de Gouarh er Stang au Brahen

Aux confins de Carnac, il est un étrange endroit oublié de la plupart, sinon de quelques chasseurs micophiles. Là haut dans le nord-ouest, à un quart de lieue du Hahon une lande mésophile et un curieux marécage vous transporte dans un autre monde.

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Au bout du chemin d’accès vous avez d’abord trouvé des similitudes entre les bois traversés et la lande du Téno que nous avions parcourue au mois de juillet dernier, puis vous êtes arrivé dans la zone humide proprement dite. Bas-fonds, gâtine ou grenouillère, elle a conservé un caractère élevé de naturalité, même si la partie inondée est peut être artificielle. Il n’en reste pas moins qu’une zone humide qui ne s’assèche que dans de rares et courtes périodes de sécheresse estivale, est une ressource précieuse pour la biodiversité végétale et la faune locale.
Parmi les 12 participants de cette randonnée tardive, ceux qui ne connaissaient pas ce site n’ont pas regretté l’escapade bottée, qui les obligérent à quelques barbottages.

Les plantes observées furent d’abord celles du chemin :

Panic 'Pied de coq' ou Panic des marais [Echinochloa crus-galli (L.) P. Beauv.] Poaceae - Grande herbacée (60/150)
annuelle, originaire d’Asie. Très gourmande en azote elle porte préjudice aux rendements agricoles lorsqu’elle prolifère. Invasive aux U.S.A. Chaumes robustes souvent couchés à la base, feuilles larges (5/15), épis rappelant ceux du riz. Redoutable adventice des cultures dont le mimétisme vavilovien* a posé de graves problèmes aux riziculteurs de la plaine du Pô.

* Théorie relative à l’évolution naturelle d’une plante contre les attaques dont elle est victime (désherbage manuel, mécanique, chimique ou biologique …) développée par Nicolaï Vavilov (1887-1943)

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Sétaire glauque [Setaria pumila (Poiret) Roemer & Schultes] Synonyme d’après A.P.G. III : Setaria helvola (L.f.) Roem. & Schul.- Poaceae – Herbe annuelle assez commune, cespiteuse, 10/50, originaire des zones tempérées chaudes de l’ancien monde. Racines fibreuses. Panicule spiciforme cylindrique 20/50 mm hérissé de soies brunes.
Dactyle aggloméré (Dactylis glomerata L.) Poaceae – Herbe vivace (20/100), très commune, glabre à souche fibreuse. Panicule spiciforme peu rameux en extrémité de longs chaumes nus. Epillets serrés agglomérés. Hémisphère boréal tempéré.

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Digitaire sanguine [Digitaria sanguinalis (L.) Scop.] Poaceae – Plante annuelle 10-50 cm, 3 à 10 épis digités dressés puis étalés, grêles, ppeu serrés souvent violacés. Plante des cultures et des sols sablonneux. Répartition quasiment mondiale.
Quelques repousses de plantes de milieu humide :
Lobélie brûlante (Lobelia urens L.) Campanulaceae – Appelée aussi Cardinale des marais. Vivace 20/60 à suc très acre. Endémique de l’ouest européen. Tige dressée. Hampe de fleurs plus ou moins mauves à pédicelle courte. Endroits humides et siliceux des landes et des bois. Absente de l’est de la France.
Lythrum à feuilles d'hysope ou Salicaire à feuilles d’hysope (Lythrum hyssopifolia L.) Lythraceae – Plante annuelle (10/40) des fossés et lieux humides inondés l’hiver. Tiges dressées feuillues, fleurs petites lilas à l’aiselle de toutes les feuilles ou presque. Eurasie centre et sud, Afrique, Amérique et Australie.

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Renouée poivre d’eau [Persicaria hydropiper (L.) Spach] Polygonaceae – Plante annuelle (20/80), à saveur poivrée, utilisée en condiment par les Japonais (sur le sashimi). Répartition holarctique. Tès commune. Feuilles oblongues-lancéolées aténuées en coourt pétiole. Fleurs verdâtres, blanches ou roséesen épis lâches, pendants.

Linaire élatine ou Velvote [Kickxia elatine (L.) Dumort.] Scrophulariaceae/Plantaginaceae – Petite liane herbacée annuelle (30/60), basse, rampante, grêle aux feuilles hastées (i.e. en fer de lance). Fleurs tricolores, jaune pâle, noir et pourpre-violet à éperon. Europe, Asie occidentale et Afr. du nord.

Epiaire des champs [Stachys arvensis (L.) L.] Lamiaceae – Plante annuelle 10/40 un peu hispide, tiges faibles ascendantes. Feuilles ovales-obtuses, pétiolées, crénelées. Fleurs en épi velu, verdâtre non soyeux. Fleurs écartées en verticilles. Lieux sablonneux, siliceux. Europe, Afr. du nord, introduite en Amérique.

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Arroche couchée ou Arroche hastée (Atriplex prostrata, DC.in Lam. & DC) Amaranthaceae – Plante annuelle herbacée 20/100 cm, plutôt ascendante parfois couchée. Feuilles hastées (enfer de lance) caractéristiques. Commune sur haut schorre, lieux incultes, parfois lieux cultivés àl’intérieur. Europe, Asie occidentale, Amérique du nord, Afrique du nord.

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Vous avez alors abordé la lande mésophile et ses plantes typiques :

Ajonc de Le Gall (Ulex gallii Planchon) Fabaceae – Arbrisseau 50/150cm, floraison jaune-oranger d’août à décembre. (Bretagne, Normandie, Pyrénées atlantiques, présent en G.B. et Espagne.
Molinie bleue [Molinia coerulea (L.) Moench] Poaceae – Grande herbe vivace (40/100) à souche épaisse, fibreuse et tenace formant dans le temps des touradons*. Tiges dressées, raides, nues à noeud unique engainé. Feuilles planes, fermes et rudes.
Ajonc nain (Ulex minor L.) Fabaceae - Arbrisseau de petit développement, prostré quasi tapissant ou pas, spécifique des landes humides et lieux incultes siliceux de l’ouest et du centre de la France.

* Grosse motte due à l’accumulation de matière organique. Motte formée par un végétal souvent les Molinie, les Carex paniculata ou les Osmondes royales, dans les milieux acides qui ralentissent la décomposition des résidus végétaux. Un touradon a la forme d’un mini-donjon et peut atteindre une hauteur d’un mètre.

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Bruyère ciliée (Erica ciliaris Loefl. ex. L.) Ericaceae – Commune, feuilles verticillées par 3 à 4 – Style proéminent saillant de la corolle en grelot. Calice à lobes lancéolés longuement ciliés.
Callune ou Fausse bruyère [Calluna vulgaris (L.) Hull.] – Ericaceae – Sous arbrisseau 30/100 à rameaux fins, tortueux, rougeâtres. Feuilles petites, opposées imbriquées sur 4 rangs. Fleurs nombreuses petites, rosâtres à la corolle en cloche ouverte. Landes, bois et coteaux siliceux. Europe, Asie occ., Maroc, Amérique boréale.
Bourdaine (Frangula alnus Mill.) Rhamnaceae – Elégant arbrisseau silicicole de sous-bois, landes, haies et lisières. 1 à 4 m. Le meilleur bois pour la fabrication du charbon de poudre noire. Ecorce purgative. Fruits aux effets psychotropes.

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Millepertuis des marais (Hypericum elodes L.) Hypericaceae – Plante vivace (10/50), velue, grisâtre, stolonifère. Feuilles ovales-rondes ponctuées semi-embrassantes. Fleurs jaunes assez grandes, peu nombreuses en cyme courte. Landes, marais tourbeux et terrains siliceux. Absente dans l‘est de la France. Europe occidentale, de l’Angleterre au Portugal, Plus rare en Italie, Suisse et Allemagne.
Saule roux (Salix atrocinerea Brot.) Salicaceae – Petit arbre dioïque jusqu’à 5 m, proche du saule cendré. Son habitat est sensiblement le même que le saule rampant, cependant plus étendu. Son hybridation naturelle avec d’autres saules n’est pas rare.
Pin maritime ou Pin des Landes (Pinus pinaster Aiton) Pinaceae - Essence introduite en France au début du XIXème siècle. Essence d’origine du bassin méditerranéen occidental. Arbre classé invasif dans l’hémisphère sud. (Australie, Afrique du sud, Argentine …)

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Au coeur de la zone humide, les bottes dans l’eau en maints endroits, les plantes sont celles de milieux fréquemment inondés :

Flûteau rampant [Baldellia repens (Lam.) Lawalrée ssp. Cavanillesii] – Jusqu’à ce jour, nous avons toujours cru que cette plante des mares et fossés inondés était le Flûteau fausse-renoncule [Baldellia ranunculoides (L.) Parl.] Nous nous appuyions pour cela notamment, sur l’inventaire de l’atlas floristique de Bretagne (Ed. Siloe, 2007). Son auteur, Gabriel Rivière considère aujourd’hui qu’il s’agit d’une erreur. Il s’agirait de l’espèce repens et sans doute de la sous-espèce Cavanillesii. (Réf. : Flora gallica, Ed. Biotope, 2014). Alismataceae – Fleurs à 3 pétales.
Potamot à feuilles de renouée (Potamogeton polygonifolius Pourr.) – Potamogetonaceae – Plante aquatique hydrophyte des ruisseaux, mares et étangs en terrains siliceux.
Scirpe flottant [Isolepis fluitans (L.) R. Br.] Anciennement Scirpus fluitans L. - Cyperaceae – Plante vivace (5/50), glabre à souche gazonnante. Tiges grêles, molles, convexes, canaliculées, couchées, radicantes ou flottates, rameuses mnie aux noeuds de feuilles linéaires planes en alène, engainante à la base. Mares, fossés, étangs, surtout dans l‘ouest. Europe occ. et cent., introduite en Afr. australe, Inde, Australie.

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Lycope d'Europe (Lycopus europeus L.) Lamiaceae – Plantes des fossés, marécages et berges des rivières et étangs. Très commune. Parfois appelée ‘patte de loup’ ‘ortie d’eau’ et à tort ‘chanvre d’eau’. Répartition sur les cinq continents. Feuilles décussées. Petites fleurs blanches à l’aisselle des feuilles. Hélophyte-hémicryptophyte stolonifère.
Ecuelle d'eau (Hydrocotyle vulgaris L.) Apiaceae/Araliaceae – Plante annuelle maintenant classée dans la famille des Araliaceae en philogénie. Typique des zones humides parfois submergées. Feuilles longuement pétiolées, peltées, orbiculaires, crenelées, glabres à 5/7 nervures rayonnantes. Europe entière, Caucase, Maroc.
Bident penché (Bidens cernua L.) Asteraceae – Plante annuelle (20/70) dressée, rameuse, feuilles opposées sessiles, lancéolées dentées. Fleurs en capitules de fleurs tubulées serrées et ligules jaunes périphériques. Zones humides del ‘Europe, Sibérie et Amérique du nord. Ansente en méditerranée.

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Menthe aquatique - Menthe à grenouille (Mentha aquatica L.) Lamiaceae – Menthe des milieux humides. Vivace, aromatique et stolonifère. Europe jusqu’au Caucase et Afrique du nord. Une menthe médicinale très parfumée, indigène en Europe jusqu’au Caucase, en AFN et en Afrique de l’est. Cultivée en Amérique, en Chine et en Inde. Contient parfois de la ‘menthofurane’ très toxique … en quantité minime. Plante mellifère.
Littorelle des étangs ou Littorelle à une fleur [Littorella uniflora (L.) Asch.] Plantaginaceae – Plante protégée au niveau national. Plante vivace (5/20 cm) acaule, glabre, poussant dans l’eau. Fleurs monoïques. En regression dans toute l’Europe en raison de la raréfaction des mares et étangs. Mares et plages des zones siliceuses.
Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum L.) Asteraceae – Une des plantes très communes des zones humides et des fossés. Elle est souvent une composante de la flore des mégaphorbiaies (friches résultant d’une évolution de la prairie humide et couverte de hautes plantes non graminoïdes) Plante vivace. Soignerait les affections du foie.

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Myosotis des marais (Myosotis scorpioides L.) Boraginaceae – Myosotis semi-aquatique, hémicryptophyte des zones inondables poussant parfois dans l’eau peu profonde des marais et étangs.
Pilulaire à globules ou Boulette d’eau (Pilularia globulifera L.) Marsileaceae – Petite fougère vivace à rhizome filiforme, radicant aux noeuds, parfois nageant. Feuilles fasciculées, cylindriques, dressées longues de 4 à 15 cm (voir dessin). Sporocarpes sphériques (3/5mm), glabres, globuleux, bruns, solitaires, à la base des feuilles. Etangs, mares, marais plus ou moins permanents, surtout dans l’ouest et le centre, absente dans le midi. Ça et là en Europe occidentale, centrale et méridionale. De juin à septembre.

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Hélas, vous n’avez pas pu observer la Pilulaire à globules. La saison trop avancée et la mare trop herbue ne facilitait pas la recherche de cette plante basse et discrète.

Nous avions eu la chance d’observer cette petite fougère qui pousse dans l’eau, le 20 septembre 2012 et voici ce que j’avais écrit dans le compte rendu :


« L’objectif de cette sortie était d’abord d’observer la Pilulaire à globules appelée aussi « Boulette d’eau » (Pilularia globulifera L.). C’est une curieuse petite fougère amphibie de la famille des Marsiléacées dont les frondes (feuilles) linéaires filamenteuses, sont issues d’un rhizome rampant. Son mode de reproduction est proche de celui des fougères mais se rapproche plus de celui des Prèles en raison de son hétérosporangie (sporanges sexués). Le long du rhizome apparaissent les « boulettes » ou « globules » qui sont en fait des petits sacs sphériques à 4 loges, appelés sporocarpes. Les loges contiennent des microsporanges qui produiront les microspores mâles et des macrosporanges qui libéreront des macrospores femelles. Les spores donneront des prothalles également sexués, comme chez les isoètes, prêles, sélaginelles et fougères aquatiques (Hydroptéridales). Seules, les prothalles femelles donneront naissance à une nouvelle plante, après qu’elles auront été approchées par un prothalle mâle qui aura libéré ses gamêtes dans l’eau. Le processus de reproduction dépendant de l’eau, est celui des plantes archaïques du carbonifère, qui couvrirent les terres émergées de la pangée. C’étaient à l’époque, des prêles, des mousses et des fougères géantes dont il ne reste que des fossiles. En observant la plante adulte, notons l’absence de tige stristo sensu, le rhizome en tient lieu. Remarquons aussi que les frondes se déroulent en forme de crosse, comme sur les fougères supérieures.
 

Dès l’entrée du marais, de grands tapis de ‘Boulettes d’eau’ couvre le sol imbibé d’eau. Sa petite taille l’oblige à s’insérer entre les autres végétaux, couvrant ainsi tous les vides interstitiels.
 

Protégée au niveau national en France, c’est une espèce medio européenne occidentale, présente du sud de la Norvège et du Danemark jusqu’au Portugal et à l’Espagne du nord-ouest. Elle est absente des zones méditerranéennes et des climats trop continentaux. En France, elle est présente dans 47 départements, essentiellement dl’ouest et du centre au sens large mais la raréfaction des zones humides la rend vulnérable. »

Voici l’occasion d’un beau challenge pour l’année prochaine. Si l’été n’est pas trop sec, il consistera à retrouver la ‘Pilulaire à globules’ du marais de Brahen. Bonne chance ! Demander conseil aux 2 M c’est tricher …
A bientôt sur les sentiers de Kéravéon ou sur les bancs du Foyer.


Date de création : 24/10/2019 @ 06:05
Catégorie : Actualités - Sorties Botaniques

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