Des fleurs pour les champions
Aux jeux Olympiques d'Albertville, le tracé de la descente a été modifié pour épargner des ancolies, dont certaines espèces sont menacées de disparition. Devant cette initiative, qui eût songé à se récrier ? Ce virage ajouté révèle un autre tournant, phénoménal, inouï : la volonté des hommes de mille neuf cent quatre-vingt-douze de ne plus sacrifier la nature à un hédonisme aveugle.
"Que la montagne est belle !" chantait-on en choeur. A condition que soient sauvegardées les marmottes et les belettes fauves, préservés les gypaètes barbus, protégés les écureuils acajou et les mouflons aux cornes hélicoïdales. A condition encore que les gentianes bleu violacé et les edelweiss argent, continûment effleurés par la brise, ne soient pas considérés comme de la roupie de sansonnet.
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Eland d'Afrique
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Gypaète barbu
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Zeuzère
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Prenons exemple sur les viticulteurs qui bichonnent leurs vignes aux sarments noueux et au pampres vrillés et qui, lorsque le cep choit, le révèlent avec un échalas.
Respectons les saisons, qui d'ère en ère se sont succédé, tout entières jalonnées par le frai, la nidification et, aux prémices attendues de l'été, par la transhumance.
Lorsqu'ils se sont élancés des cimes et des faîtes, les skieurs olympiques ont-ils eu une pensée pour la petite ancolie ? Tels des genets d'Espagne, des rennes du Canada ou des élands d'Afrique, ils se sont rués tout schuss vers la ligne d'arrivée.
Pareils à des satyres gracieux ou à des zeuzères tachetées de bleu, les patineurs se sont laissé porter par la magie des glaces, virevoltant sur les carres affûtées de leurs patins, réussissant des triples axels pour égayer d'or leurs tenues amarante, rouille ou écarlates.
Mais la plus belle médaille ne revient-elle pas à la Nature ?
B.P. et M.S.
Dictée du 03 Septembre 2007