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AUTOUR DU MARAIS ET DE LA BAIE DE KERDUAL (La Trinité sur mer)

Le 30 août 2011

    Beau temps et affluence pour cette huitième randonnée de l’année. Nous sommes 14 au départ du Men-Dû et pour une fois, nous avons programmé un ‘long’ parcours de plus de 5 à 6 km.

Nous empruntons le chemin qui conduit au marais de Kerdual. Il traverse une friche où croissent de nombreuses espèces, molènes, vergerettes, matricaires, crépis et autres plantes communes. Puis nous nous enfonçons dans un maquis arboré, par un étroit sentier, qui traverse le marais de Kerdual.   
Nous herborisons tout au long du parcours, occasion de réviser nos connaissances des ‘randos’ passées.
Le marais de Kerdual est une ancienne saline, abandonnée dans les années soixante, dont il reste un plan d’eau de 6 hectares et demi, suffisamment isolé de l’urbanisation pour intéresser canards, aigrettes et Spatules blanches qui semblent y avoir passé l’été.  Le reste beaucoup plus étendu a été petit a petit envahi par les roseaux communs (Phragmites australis), puis par les ligneux qui l’ont transformé en un épais maquis, d’où émergent déjà des chênes pédonculés (Quercus robur L.) bien de chez nous. Malheureusement, les baccharis se sont mis de la partie, et dégradent rapidement le milieu.
Nous remarquons au bord du chemin l’ Otontite tardive (Odontites vernus), petite plante hemiparasite de la famille des Scrophulariaceae mais récemment reclassée par la nouvelle classification phylogénétique dans les Orobanchaceae.

C’est une occasion d’évoquer l’évolution actuelle de la taxonomie. Depuis le XVIIIe siècle, les botanistes s’étaient entendus sur la dénomination binominale de Karl Von Linné, fondée sur la morphologie des organes de reproduction des plantes à fleurs (angiospermes). Ce système a perduré jusqu’à la fin du 20e siècle. Mais en 1998, un groupe de botanistes, l’Angiosperm Phylogeny Group (A.P.G.) qui travaillait sur la phylogénétique végétale a publié une première classification fondée sur l’analyse des liens de parenté par des techniques moléculaires et l’analyse cladistique.
Ont suivies en 2003 et 2009, la publication de deux autres classifications APG II et APG III.
Pour l’instant, cette révolution dans la démarche de classification, a pour conséquence la réduction sensible du nombre de familles de plantes. Ce n’est après tout, qu’une approche scientifique nouvelle (par rapport à l’approche empirique de Linné) qui ne modifie en rien la diversité du monde végétal mais qui nous fait découvrir les véritables filiations dans l’évolution darwiniste des espèces. 

Nous avons poursuivi notre parcours par la traversée de la D 781 et du lotissement de Kerdual. Après une station dans les friches de l’ancien marais, nous avons rejoint le chemin qui conduit au village de Kervinio, longé la limite nord du camping de Plijadur, pour virer alors au sud, vers le hameau du Quéric. Nous observons de nombreuses plantes au gré des chemins, jardins et bas-côtés.
Retraversant la D 781, nous plongeons vers le marais de la baie de Kerdual. La végétation des schorres a bien souffert des dernières vives eaux. Dominent quelques Asters maritimes (Aster tripolium) et des tapis de Statices de mer (Limonium vulgare) fanées.
Au bout du marais, nous avons la chance de trouver un petit peuplement de Tamier (Tamus communis) couramment appelés ‘Herbe aux femmes battues’ en raison de ses propriétés émollientes. Sa racine cuite et écrasée appliquée en cataplasme sur les ecchymoses serait très efficace. Cette même purée mélangée à du saindoux est utilisée comme onguent en haute Provence pour soigner les rhumatismes.
Cette petite liane dioïque (plantes mâles et plantes femelles), vit dans les bois ou dans les haies. Deux ou trois pieds femelles sont en fruits et quelques fleurs subsistent. De la famille des Dioscoreaceae, cette plante est très proche de la Salsepareille (Smilax aspera), une autre petite liane assez courante dans le midi ... et plante magique des schtroumpfs.   
La Salsepareille diffère du Tamier par ses feuilles épaisses et coriaces. Le limbe est  pourvu de quelques épines sur son pourtour. Les fruits en grappes sont d’un rouge plus foncé. Bizarrement, ce n’est pas une Dioscoreaceae mais une Smilacaceae.
On la trouve fréquemment au bord des routes ombragées, en lisière des bois provençaux et dans les maquis. C’est une méditerranéenne qui ne dépasse pas la Charente en zones atlantique.

En rejoignant la route côtière, le bord d’un chemin est envahi de Vigne vierge vraie appelée aussi Vigne vierge de Virginie (Parthenocissus  quinquefolia L. Planchon) de la famille des Vitaceae et originaire de l’Est des Etats-Unis. Plante introduite et naturalisée, cultivée, envahissante mais très décorative en raison de son feuillage automnal d’un rouge flamboyant, elle a tendance à ramper plus qu’à grimper car elle est dépourvue de vrilles et de ventouses. Cependant, quelques cours de fils de fer ou quelques éléments de treillage, suffisent à la maintenir sur un mur et une seule plante peut couvrir jusqu’à 200 m².
Les horticulteurs proposent rarement cette espèce et lui préfèrent ce qu’ils appellent souvent Ampelopsis ; c’est en fait Parthenocissus tricuspidata ‘Veitchii’. Très belle vigne vierge aussi mais pourvue de vrilles et de ventouses, qui laissent des marques quasiment indélébiles sur les murs. En dehors de ses ventouses et de ses feuilles qui sont trilobées ou simples,  cette plante a les mêmes caractères que la vigne vierge vraie. Croissance rapide, couleurs d’automne etc.
Au bout de ce chemin on rencontre un peuplement de Laîche pendante (Carex Pendula), une grande et belle cypéracée, à planter dans un coin humide de votre jardin ou mieux au bord une mare. Les gesses à larges feuilles (Lathyrus latifolius) abondent aussi.

Nous revenons à notre point de départ en passant devant un champ de Pavot cornu (Glaucium flavum), qui nous offre une seconde floraison et une multitude de fruits remplis de petites graines noires. C’est une plante bisannuelle, il faut donc semer ses graines maintenant pour avoir des fleurs en juin prochain.

Armelle nous attend sur le parking du départ. Qu’elle veuille bien m’excuser pour la longueur inhabituelle de notre rando.

Date de création : 10/09/2011 @ 11:07
Dernière modification : 14/03/2012 @ 15:28
Catégorie : Rétrospectives - Sorties Botaniques-Année 2010-2011
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