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VISITE DE LA TOURBIERE DE KERFONTAINE A SERANT

Le 11 juillet 2013
   
Très belle journée chaude et ensoleillée, malgré une matinée fraîche dans les Landes de Pinieux. Un nordet frais et une couverture nuageuse tenace, nous ont surpris durant le pique-nique ; un tricot et un coupe-vent ne furent pas de trop.
Les Landes de Pinieux sont sur l’arête granitique nord, des Landes de Lanvaux, entre la vallée de la Laie et celle de l’Oust. C’est une région à la pluviométrie élevée par rapport à la région littorale.
 
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Le groupe et son guide
   
Pour notre bien, alors que nous explorions les bois alentours, le soleil fit son apparition à 13h45 précises et le thermomètre gagna dix degrés en un quart d’heure. Juste à temps pour accueillir les douze autres participants que nous rejoignirent petit à petit, au lieu de rendez-vous, à l’entrée de la tourbière. Nous crûmes bien perdre Van et Guy, qui eurent quelques difficultés à trouver la très discrète D 151 à la sortie de Sérent mais ils devaient ‘passer la ligne’ une encablure devant Jean David, notre guide-animateur de « Bretagne Vivante ».
Ce dernier, bien équipé, venant de la réserve de Séné, proposa bâtons et jumelles à ceux qui le souhaitaient et commença par nous donner quelques consignes utiles puis nous fit un speech sur l’histoire de la Tourbière et les caractéristiques particulières de ce milieu.
   
Les tourbières (1% de la surface du globe) sont d’abord des réservoirs d’eau souvent situés en tête des bassins versants et sont aussi de précieux puits de carbone. 
Je rappelle brièvement que les tourbières sont toutes répertoriées en France. Elles font partie des habitats qui peuvent être protégés dans le réseau Natura 2000 ou mis en réserves naturelles, nationales ou régionales. Ce sont des biotopes utiles et fragiles. Certaines grandes tourbières sont malheureusement encore exploitées aujourd’hui pour la fabrication des terreaux horticoles dans le cadre d’une réglementation stricte, beaucoup plus rarement pour l’extraction de tourbe destinée au chauffage.
  La tourbe séchée est encore une source d’énergie (très polluante) dans certains pays. Les gisements de tourbe en Europe se situent surtout sur une ligne Irlande-Pologne, souvenirs morainiques de la dernière glaciation. Dans certaines régions du nord-est de l’Allemagne, le sol est constitué de 4 à 6 mètres d‘épaisseur moyenne de tourbe et on a découvert localement en Rhénanie du nord, une épaisseur exceptionnelle de 22 mètres. 

Les 20 hectares (environ 300 x 650 m) de la tourbière de Kerfontaine classée « réserve naturelle », appartiennent à la commune de Sérent, qui contribue largement à sa préservation. 
Le terrain est légèrement incliné vers le sud et Jean David nous a fait remarquer la stratification des types de végétation, bien visible à mi-pente. La partie haute, plus sèche est une lande à fougère aigle et à bruyères. Puis, bientôt, les Molinies et la Bourdaine dominent. Plus bas l’eau suinte du sol et les Sphaignes apparaissent, menacées par les saules et les plantes ligneuses hydrophiles. D’où la nécessité d’opérations d’entretien. Ainsi, par exemple, un quart de la tourbière est fauchée tous les trois ans et des mares ont été créées. 

Partis de l’aire d’accueil, nous avons parcouru la tourbière sur des sentiers d’abord herbus et étroits puis bosselés par les touradons de Molinie et de Carex, enfin plus ou moins inondés.

Notre guide, naturaliste de formation, armé de jumelles et du matériel d’entomologiste dont un grand filet à papillons, n’a jamais manqué de nous faire observer, insectes, oiseaux et plantes remarquables. Si les oiseaux sont assez discrets à cette saison estivale (nichées passées) les papillons profitaient d’une excellente luminosité. Je retiendrais les captures temporaires du « Grand mars changeant » en habit de deuil, du « citron », de l’ « azuré de l’ajonc », du « Miroir » magnifique lépidoptère aux ocelles bleues réfléchissantes et de l’ « Agrion au corps de feu », petite libellule incandescente (Je vous conseille fortement de vous reporter à votre moteur de recherche préféré pour les admirer, mes photos sont médiocres et Michel, hélas n’était pas là) 
Les chants du pipit des arbres, du pipit des bois et autres oiseaux des roselières accompagnèrent notre course mais les plantes ont naturellement retenu la plus grande part de mon attention.

Je ne citerai ci-dessous que les plantes les plus intéressantes du milieu visité.

Ajonc nain (Ulex minor Roth) Ajonc ressemblant à l’Ajonc de Le Gall mais ne dépassant pas 1 m, feuillage moins piquant.

Bruyère ciliée (Erica ciliaris Loefl.ex L.) que nous connaissons bien sur Carnac. 

Ossifrage ou Narthécie des marais [ Nartecium ossifragum (L. Huds.) ] Jolie plante à fleurs jaunes aux racines traçantes, inféodée aux landes tourbeuses de l’Ouest. Absente des zones du littoral. En régression comme les milieux qu’elle affectionne.

Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium Honck.) Plante de la famille des Carex (Cyperaceae), anémogame et anémochore (Graines fécondées grâce au vent et dispersées par le vent) d’où une fructification en forme d’aigrettes argentées du plus bel effet.
 
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Ossifrages et linaigrettes

Bourdaine (Frangula dodonei Ard. ssp. dodonei) Arbrisseau des lisières et sous-bois humides, il abonde dans la tourbière où il supporte la lumière intense. Nous l’avons souvent observé à Carnac.

Bruyère à quatre angles (Erica tetralix L.) Quasiment absente du Pays d’Auray sauf au nord du Golfe. Elle affectionne les landes humides et tourbeuses mais est en régression. Son nom vient des feuilles disposées par 4 en verticilles le long des tiges.
 
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Bruyère à quatre angles

Molinie bleue [Molinia caerulea (L.) Moench.] Grande graminée opportuniste des milieux dégradés, elle est typique des tourbières où sa souche forme des touradons (grosses mottes créant un relief cahotique où la progression est difficile.

Carvi verticillé [Carum verticillatum (L.) W.D.J.Koch] Petite ombellifère des milieux acides et humides, à fleurs blanches et au feuillage fin verticillé.

Orchis des Landes (Dactylorhiza maculata …) Orchidée très commune, très fréquente sur terrain acide et humide.

Sphaignes (Sphagnum sp.) Les sphaignes sont des bryophytes ou mousses qui peuvent emmagasiner plus de 20 fois leur poids en eau. Végétal constituant principal des tourbières.

Myrthe des marais ou Piment aquatique (Myrica gale L.) plante ligneuse invasive de al famille des Myricaceae. Très odorante on l’appelle aussi Piment royal et Piment aquatique

Mouron délicat [Anagallis tenella (L.) L.] Vous connaissez bien cette plante que nous avons souvent observée dans la zone dunaire.
 

Rossolie intermédiaire (Drosera intermedia Hayne) Petite plante carnivore spécifique des tourbières et des landes tourbeuses humides. En régression, elle est protégée au niveau national et inscrite au livre rouge du massif armoricain. Remarquez sur la photo ses petites fleurs blanches qui ne s’ouvrent que durant 5 heures. Famille des Droseraceae.

 
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Rossolie intermédiaire en fleurs (Drosera intermedia) Feuille en raquette
 
Rossolie à feuilles rondes (Drosera rotundifolia L.) Espèce voisine de la précédente. Même habitat.
Egalement en régression et protections régionale et nationale. Les Rossolies sont aussi appelées « Herbe à la rosée » en raison de la multitude de gouttes collantes, brillant à la lumière comme des gouttes de rosée. Vous remarquerez sur la photo deux  ‘Azurés’ piégés.
 
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Rossolie à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) Remarquer 2 papillons (Azurés) piégés.
 
Trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata L.) Cette plante n’est pas un trèfle, ses feuilles trifoliées lui doivent son nom. En fait, elle appartient à la petite famille des Menyanthaceae et le genre Menyanthes ne comporte que cette espèce. Stolonifère, elle est semi-aquatique et ses fleurs blanches sont pourvues de longs cils blancs.
 
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Trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata) On remarque ses fleurs fanées.
 
Nous n’avons pas trouvé de Grassettes (Pinguicula vulgaris L.) Pourtant présentes dans cette tourbière, c’est une petite plante ‘carnivore’ en forme de rosette, aux larges feuilles grasses au bords relevés, couvertes de poils collants servant de pièges à insectes. De la famille des Lentibulariaceae, sa fleur est violette. Elle vit dans les mêmes lieux que les Rossolies.
Ni d’Utriculaires (Utricularia sp.) hydrophyte carnivore des mares, étangs et fossés, à fleurs émergeantes jaunes dont les pièges sont des vésicules transparentes portées par les feuilles submergées. La plante capture volontiers les petits insectes et larves aquatiques.

Pour compléter l’aperçu de notre randonnée, voici la Petite nymphe au corps de feu (un Agrion) :

nymphe.jpg
 

Et une magnifique Amanite panthère trouvée à la lisière forestière de la tourbière.

 
amanite_panthere.jpg
 
 

Date de création : 26/07/2013 @ 15:12
Dernière modification : 27/09/2013 @ 05:58
Catégorie : Rétrospectives - Sorties Botaniques-Année 2012-2013
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