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PLANTES ET NATURE

Sortie botanique du 03 Septembre 2016

Zone humide de Brahen - Carnac (Nord Hahon)   Coord. géog.:  47° 38’ 11’’ N / 3° 05’ 53’’ W

En l’absence de Monique à qui nous souhaitons un prompt rétablissement - Monique tu nous manques - la randonnée rassemble 10 participants et débute 300m au nord du village du Hahon.


Auparavant, dans la cour du Foyer, Michel nous a apporté 3 plantes intéressantes.
¤  la Grande naïade (Najas marina L.) – De la famille des Hydrocharitaceae, c’est une plante submergée des eaux douces stagnantes. De 10 cm à 2 m, son feuillage est cassant et modérément piquant. Commune en France et sur plusieurs continents, elle est peu commune en Bretagne et est inscrite sur la liste rouge du massif armoricain. Son caractère calcicole explique sa rareté dans nos contrées.
¤  l’Euphorbe tachée (Euphorbia maculata L.) - Euphorbiaceae – Petite plante étalée et crassulante des sols damés.  D’origine américaine, elle est présente un peu partout en Europe. En Morbihan, elle a été découverte en 1970 aux forges de Lochrist. Toxicité avérée. Les taches brunes au centre de ses feuilles sont parfois absentes.
¤  Le Solidage verge d’or (Solidago virgaurea L.) - Asteraceae – Plante  des bois clairs et des lisières, elle est assez commune dans tout le territoire, moins courante le long du littoral.

euphorbe__a_flls_tachees.jpg solidage_verge_d_or.jpg
Euphorbe tachée Solidage verge d'or


Nous nous retrouvons au nord du village du Hahon, pour visiter une zone humide que nous avions déjà parcourue, équipés de bottes, le 20 septembre 2012.

carte.JPG


Mais cette année, la sécheresse continue à sévir et la zone humide de Brahen se trouve réduite à quelques pauvres trous d’eau, autour desquels nous observons d’innombrables traces d’animaux. C’est semble-t-il un petit paradis pour les échassiers, les limicoles de passage, les chevreuils, les ragondins et les papillons.
Sur Trois hectares environ, une immense mare variable est pratiquement à sec. Elle accueille d’ordinaire une flore qui nous est bien connue mais qui comportera aujourd’hui des lacunes en raison du manque d’eau. Notamment, nous ne retrouverons pas la Pilulaire à globules appelée aussi Boulette d’eau. Je ne résiste pas  à l’envie de reproduire ci-dessous ce que nous écrivions dans le compte rendu de 2012 :


« L’objectif de cette sortie est d’abord d’observer la Pilulaire à globules appelée aussi « Boulette d’eau » (Pilularia globulifera L.)  C’est une curieuse petite fougère amphibie de la famille des Marsiléacées dont les frondes (feuilles) linéaires filamenteuses, sont issues d’un rhizome rampant. Son mode de reproduction est proche de celui des fougères mais se rapproche plus de celui des Prèles en raison de son hétérosporangie (sporanges sexués).
Le long du rhizome apparaissent les « boulettes » ou « globules » qui sont en fait des petits sacs sphériques à 4 loges, appelés sporocarpes.
Les loges contiennent des microsporanges qui produiront les microspores mâles et des macrosporanges qui libéreront des macrospores femelles. Les spores donneront des prothalles également sexués, comme chez les Isoètes, prèles, sélaginelles et fougères aquatiques (Hydroptéridales). Seules, les prothalles femelles donneront naissance à une nouvelle plante après qu’elles auront été approchées par un prothalle mâle qui aura libéré ses gamètes dans l’eau. Le processus de reproduction dépendant de l’eau, est celui des plantes archaïques du carbonifère, qui couvrirent les terres émergées de la pangée. Ce sont les prèles, les mousses et les fougères géantes, dont il ne reste que des fossiles.
En observant la plante adulte, notons l’absence de tige stricto sensu, le rhizome en tient lieu. Remarquons aussi que les frondes se déroulent en forme de crosse comme sur les fougères supérieures.

pilulaire_a_globules.jpg Pilulaire à globules

Dès l’entrée du marais,  de grands tapis de ‘Boulettes d’eau’ couvre le sol imbibé d’eau. Sa petite taille l’oblige à s’insérer entre les autres végétaux, couvrant ainsi tous les vides interstitiels.
Protégée au niveau national en France, c’est une espèce medio européenne occidentale, présente du sud de la Norvège et du Danemark jusqu’au Portugal et à l’Espagne du nord-ouest. Elle est absente des zones méditerranéennes et des climats trop continentaux. En France, elle est présente dans 47 départements, essentiellement de l’ouest et du centre au sens large mais la raréfaction des zones humides la rend vulnérable. »


Tant pis pour les pilulaires et souvenons nous plutôt des espèces que nous avons rencontrées en ce bel après- midi,  chaud et ensoleillé, somme toute, encore estival.
 

Sur le chemin qui conduit au Brahen
Liseron des Haies = Grand liseron [Calystegia sepium (L.) R. Br.] Convolvulaceae
Sétaire glauque  [Setaria pumila (Poiret) Roemer & Schultes ]  Poaceae
Digitaire sanguin  [Digitaria sanguinalis (L.) scop.]  Poaceae
Chénopode blanc  (Chenopodium album  L.)  Amaranthaceae
Un autre chénopode a attiré l’attention de Michel. Il s’agissait d’un chénopode à feuilles hastées. Vérifications faites, il y a une bonne probabilité pour qu’il se soit agi de l’Arroche couchée (Atriplex prostrata Boucher ex DC) dont l’ancien nom : Chenopodium hastatum n’a rien de surprenant. Par ailleurs, c’est une plante aux feuilles à la denture variable et au polymorphisme naturel.

liseron__haies.jpg arroche.jpg
Liseron des haies Arroche couchée


Panic 'Pied de coq'  [Echinochloa crus-galli (L.) P. Beauv.
Pulicaire dysenthérique  [Pulicaria dysenterica (L.) Bernh.] Asteraceae
Linaire élatine ou Velvote [Kickxia elatine (L.) Dumort.]  Scrophulariaceae/Plantaginaceae
Fumeterre des murs (Fumaria muralis  ssp. Borei  Sonder ex. Koch)  Fumariaceae
Lampsane  (Lampsana communis L.)  Asteraceae
Germandrée scorodoine  ou Sauge des bois (Teucrium scorodonia L.) Lamiacae

Lampsane_commune.jpg pulicaire_dysentherique.jpg Germandree__corodoine-__001.jpg
Lampsane commune Pulicaire dysenthérique  Germandrée scorodoine


Jonc épars  (Juncus effusus  L.) Juncaceae
Renouée poivre d’eau  (Polygonum hydropiper L.) Polygonaceae
Peuplier 'Tremble' (Populus tremula L.) Salicaceae
Gnaphale des fanges (Gnaphalium uliginosum L.) Asteraceae
Bourdaine  (Frangula alnus Mill.)   Rhamnaceae

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Bourdaine Peuplier "Tremble"


Molinie bleue   [Molinia coerulea (L.) Moench] Poaceae
Ajonc nain   (Ulex minor L.)  Fabaceae


Autour du marais asséché
Millepertuis des marais  (Hypericum elodes L.)    Hypericaceae
Menthe à grenouille = Menthe aquatique   (Mentha aquatica L.) Lamiaceae
Ecuelle d'eau  (Hydrocotyle vulgaris L.) Apiaceae
Bident trifolié  (Bidens tripartita L.) Asteraceae

Ecuelle_eau.jpg Millepertuis_des_marais.jpg Bident_trifolie.jpg
Ecuelle d'eau Millepertuis des marais Bident trifolié


Bident penché   (Bidens cernua L.)   Asteraceae
Plantain d'eau  (Alisma plantago-aquatica  L.) Alismataceae
Lycope d'Europe  (Lycopus europeus L.)  Lamiaceae
Flûteau fausse renoncule [Baldellia ranunculoides (L.) Parl.]  Alismataceae

plantain_eau.jpg lycope_europe.jpg Fluteau_rampant.jpg
Plantain d'eau Lycope d'Europe Flûteau rampant


Renoncule flamette (Ranunculus flammula L.) Ranunculaceae
Potamot nageant (Potamogeton natans L.) Potamogetonaceae
Salicaire  (Lythrum salicaria L.)    Lythraceae
Petite scutellaire (Scutellaria minor Huds.) Lamiaceae
Œnanthe fistuleuse  (Œnanthe fistulosa L.)  Apiaceae
Ache inondée  [Apium inundatum (L.) Reich …]  Apiaceae

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Renoncule flamette Salicaire Petite scutellaire Oenanthe fistuleuse


Au retour
Herbe bleue / Fleur de tonnerre  (Jasione montana var. littoralis L.) Campanulaceae
Flûteau nageant  [Luronium natans (L.) Rafin.]  Alismataceae - Plante protégée au niveau européen et mondial (U.I.C.N.). Inscrit sur la liste rouge de la flore de France (lrff). Menacée dans la mare de la chapelle du Hahon.
Patience à feuilles obtuses (Rumex obtusifolium L.) Polygonaceae
Scrophulaire scorodoine  (Scrophularia scorodonia L.) Scrophulariaceae
Aubépine à un style (Crataegus monogyna Jacq.) Rosaceae

jasione_montagnes.jpg fluteau_nageant.jpg scrophularia_scorodonia.jpg
Herbe bleue Flûteau nageant Scrophulaire scorodoine

Millepertuis des marais  (Hypericum elodes L.) Hypericaceae
Menthe à grenouille = Menthe aquatique (Mentha aquatica L.) Lamiaceae
Ecuelle d'eau  (Hydrocotyle vulgaris L.) Apiaceae
Bident trifolié  (Bidens tripartita L.) Asteraceae
Bident penché   (Bidens cernua L.) Asteraceae
Plantain d'eau  (Alisma plantago-aquatica  L.) Alismataceae
Lycope d'Europe  (Lycopus europeus L.) Lamiaceae
Flûteau fausse renoncule [Baldellia ranunculoides (L.) Parl.] Alismataceae
Renoncule flamette (Ranunculus flammula L.) Ranunculaceae
Potamot nageant (Potamogeton natans L.) Potamogetonaceae
Salicaire  (Lythrum salicaria L .Lythraceae
Petite scutellaire (Scutellaria minor Huds.) Lamiaceae
Œnanthe fistuleuse  (Œnanthe fistulosa L.)
ApiaceaeAche inondée [Apium inundatum (L.) Reich …] Apiaceae

Appelée à tort Poule sultane, voici la Talève sultane (Porphyrio porphyrio), un oiseau vu récemment du côté de Saint Nazaire : photographiée ici à Assouan (Egypte).

taleve_sultane2.jpg


L’espèce n’est plus en danger au niveau mondial mais toujours protégée par la directive oiseau de la communauté européenne. Deux oiseaux tués dans l’Aude l’année passée prouve l’ignorance des chasseurs  quant à la présence de l’espèce sur le sol français. Quelques couples semblent s’être sédentarisés dans le midi de la France (Camargue, Languedoc et Roussillon). Les populations les plus importantes et actuellement en expansion, se trouvent en Espagne orientale. Il s’agit de l’espèce type. Plusieurs sous-espèce survivent en Sardaigne, en Roumanie et en Afrique du Nord. Elle a disparue de Madagascar et reste rare en Afrique orientale.
Le nom de Poule sultane doit être réservé à une race de poule domestique. La Talève est de la famille des Rallidés, auxquels appartiennent aussi la Poule d’eau et le Foulque à front blanc. Elle est omnivore. Elle se nourrit d’abord de roseaux décortiqués mais ne rechigne pas devant de petits animaux (insectes, vers, serpents…) et pille à l’occasion les nids d’autres espèces.

taleve_sultane1.jpg


Repérée une fois en Morbihan, la sécheresse risque de l’éloigner pour longtemps de la région. Elle a besoin de zones humides stables et denses en végétation aquatique. Si son expansion se confirme, elle devrait trouver une implantation possible dans la grande Brière et dans les grands marais et lagunes de la côte atlantique, plus probablement qu’en Bretagne.


Date de création : 13/09/2016 @ 14:24
Catégorie : Rétrospectives - Sorties Botaniques-Année 2016-2017
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