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Compte rendu de la randonnée botanique du jeudi 3 août 2017


De Kercadoret à Saint Pierre, en Locmariaquer

ARTICLE EN COURS
Pour la huitième sortie de l'année le temps est doux, couvert, un peu venté sur la côte. En effectif stable nous sommes à nouveau 13 amateurs à nous pencher sur nos chères plantes.
Le premier arrêt sera pour les landes de Kercadoret, où une belle population de 'Gentiane pneumonanthe' est en fleurs. Des pontes de papillons sur certains sujets nous amènent à parler de l’Azuré des mouillères et de l’aventure de sa chenille.
 

Wanted : un ‘serial killer’, masqué

L’azuré des mouillères (Phengaris alcon) appelé aussi Protée, est un petit papillon bleu de la famille des Lycaenidae, espèce considérée comme quasi-menacée par l’U.IC.N.   
Son identification doit tenir compte du dimorphisme sexuel de l’espèce. Le dessus des ailes du mâle est bleu terne, alors qu’il est brun-gris chez la femelle. A l’inverse, chez les deux sexes, le revers des ailes est toujours ocre, orné de 2 lignes de points noirs cernés de blanc.
On est loin de penser que ce  fragile et ravissant papillon est un redoutable serial killer, auteur de psychodrames permanents et d’impitoyables  massacres au sein même de fourmilières  ignorées.

Son histoire est un psychodrame. La femelle pond ses œufs sur les boutons floraux de certaines gentianes des espèces : Gentiana pneumonanthe et Gentiana asclepiadea). L’éclosion est rapide et la chenille du papillon va passer par 4 stades larvaires. Les trois premiers sont phytophages. Lorsque la chenille atteint le quatrième stade elle se laisse choir au sol. Incapable de se mouvoir, elle doit alors être obligatoirement recueillie par des fourmis des espèces Myrmica ruginodis ou Myrmica scabrinodis, qui l’emporteront au cœur de leur fourmilière.

gentiane_pneumonanthe.jpg

Gentiane pneumonanthe


Ce curieux phénomène est une cruelle tromperie. Les hydrocarbures cuticulaires de la chenille émettent des signaux mimétiques chimiques et acoustiques proches de ceux émis par les reines de la fourmilière notamment des stridulations caractéristiques. Ce qui explique que les fourmis vont prendre en charge la chenille et la soigneront comme elles soignent les larves des futures reines. Sans se douter qu’elles ont un loup dans la bergerie.
Ainsi, la larve de papillon va passer 10 à 11 mois au chaud dans la fourmilière et dévorer près de 600 larves de fourmis pour se nourrir. Près du terme de ce séjour assassin, la chenille gagne la partie haute de la fourmilière et passe au stade de chrysalide.
Les mâles sortent des fourmilières quelques jours avant les femelles. Celles-ci sont fécondées dès leur sorties et pondent immédiatement après sur des gentianes, et le cycle est bouclé. Il n’y a qu’une seule génération d’Azuré dans l’année.
Ce processus symbiotique, illustre combien est précaire la survie de ce papillon, inféodée à deux autres espèces totalement étrangères.  Un autre insecte et une plante.
En fait, ce phénomène n’est pas aussi rare qu’on peut le penser. On le retrouve dans la plupart des espèces de la famille des Lycaenidae vivant en symbiose avec d’autres espèces de plantes (Thyms, Sanguisorbe etc…) et d’autres espèces de fourmis. Par ailleurs, des phénomènes comparables existent chez d’autres familles d’insectes volant ou rampant.


Un peu plus loin dans une mare réaménagée et actuellement asséchée, nous découvrons plus d’une dizaine de petits pieds de Panicaut vivipare (Eryngium viviparum J. Gay) qui ont été replantés ici, comme à Carnac, dans les menhirs de Toulchignan. Cette opération de réintroduction de ce taxon est menée sous l’égide du Conservatoire botanique National de Brest (C.N.B.). Ce minuscule panicaut est une des plantes les plus rares au monde. Quelques spots existent au nord-ouest de l'Espagne, un seul en France à Belz (56) avant sa réintroduction en cours, en différents points du territoire

panicaut_nain_vivipare.jpg

Panicaut vivipare


Sa  régression depuis la fin du XIXème siècle, où il était assez commun entre la presqu’ile de Rhuys et la rade de Lorient pourrait être due à la raréfaction de l’élevage et des pâtures inondables. Car ce minuscule chardon est exigeant. Il aime les terrains à la végétation rase, submergés l’hiver et riches en matière organique.
Il est réjouissant de constater que les tentatives de réintroduction en sites relativement protégés, semblent enfin donner des résultats positifs. Je salue au passage Jean-Yves Lesouëf du CNB et Jean-Pierre Reduron de Mulhouse, qui les premiers, dans les années 90, se sont penchés sur l’avenir du Panicaut vivipare.
Le second arrêt au parking de la plage St-Pierre, pour explorer le petit marais arrière dunaire vous a révélé la présence de nombreuses plantes halophiles et pour cause. (Voir la liste jointe)
A noter, une belle population de Scilles d’automne déjà en fleurs.
Retour par un petit bout de sentier côtier que nous atteignons après avoir traversé un « champ » de Grande ciguë.Présente depuis longtemps dans ce secteur, elle gagne du terrain.
Liste approximative des plantes observées :
Erythrée ‘Petite centaurée’ (Centaurium erythraea Rafn.)  Gentianaceae – Très commune
Gnaphale  à feuilles ondulées  (Gnaphalium undulatum L.)  Asteraceae – Peu commune
Liseron des Haies = Grand liseron [Calystegia sepium  (L.) R. Br.] Convolvulaceae   

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Gnaphale  à feuilles ondulées Erythrée ‘Petite centaurée’ Liseron des Haies

   
Vergerette à fleurs nombreuses (Conysa floribunda, Kunth in HBK) Asteraceae – Adventice d’été.
Panicaut des champs  (Eryngium campestre L.)     Apiaceae
Chiendent des sables [Elytrigia juncea (L.) Nevski  - Propre au sables et terrains sableux.

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Panicaut des champs Vergerette à fleurs nombreuses Chiendent des sables


Obione faux pourpier  [Halimione portulacoides (L.) Aellen]  - Couvre de grandes surfaces sur le schorre.
Statice de Dodart    (Limonium dodartii Girard O. Kuntze)  Plumbaginaceae Peu commune.
Arroche couchée (Atriplex prostrata DC. In Lam. & DC) Chenopodiaceae / Amaranthaceae

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Obione faux pourpier  Statice de Dodart Arroche couchée


Soude maritime [Suaeda maritima (L.) Gmel.]  Chenopodiaceae/ Amaranthaceae - Commune
Soude brûlée  (Salsola kali L.) Chenopodiaceae/ Amaranthaceae – Peu commune                
Soude commune  (Salsola soda L.)  Amaranthaceae – Peu commune

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Soude maritime Soude brûlée Soude commune


Matricaire maritime  (Matricaria maritima ssp. maritima L. = Tripleurospermum maritimum)  
Silène maritime  (Silene uniflora ssp. uniflora Roth.) Caryophyllaceae – Très commune en bord de mer.
Salicorne annuelle ou Salicorne sombre [Salicornia europaea L.]    Chenopodiaceae/ Amaranthaceae

matricaire_maritime.jpg silene_maritime.jpg salicornia_europaea.jpg
Matricaire maritime Silène maritime  Salicorne annuelle ou Salicorne sombre

              
Jonc maritime  (Juncus maritimus  Lam.)  Juncaceae
Jonc de Gérard  (Juncus gerardii, Loisel. In Desv.)  Juncaceae – Assez commun
Spergulaire intermédiaire   [Spergularia media (L.) C. Presl.]   Caryophyllaceae

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Jonc maritime Spergulaire intermédiaire Jonc de Gérard


Spergulaire marine   [Spergularia marina (L.) Besser]   Caryophyllaceae
Renouée maritime  (Polygonum maritimum L.) Polygonaceae – Plante peu commune, protégée en région Bretagne.
Cynoglosse officinal  (Cynoglossum  officinale L.) Boraginaceae

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Spergulaire marine  Renouée maritime Cynoglosse officinal 


Tétragone ou épinard de Nouvelle Zélande  [Tetragonia tetragonoides  (Pallas) O. Kuntze]   Aïzoaceae
Frankénie lisse ou Bruyère de mer  (Frankenia laevis L.) Frankeniaceae -     
Polypogon maritime (Polypogon maritimus Willd.) Poaceae

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Tétragone ou épinard de Nouvelle Zélande  Polypogon maritime Frankénie lisse ou Bruyère de mer


Morelle noire   (Solanum nigrum  L.)  Solanaceae – Toxique, appelée aussi tue-chien.    
Grande ciguë   (Conium maculatum L.) Apiaceae –  Plante toxique – Les tiges sont plus ou moins maculées de taches brunes.    
Réséda jaunâtre ou Gaude (Reseda luteola L.)  Resedaceae

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Grande ciguë Morelle noire  Réséda jaunâtre ou Gaude


Renouée des oiseaux  (Polygonum aviculare  L.) Polygonaceae – Plante de sols tassés. Se plaque au sol en rosette.
Renouée persicaire  (Persicaria maculosa  Gray)  Polygonaceae – Milieu humide et cultures.
Inule fétide  [Dittrichia graveolens (L.) Greuter]  Asteraceae

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Renouée des oiseaux Renouée persicaire  Inule fétide


Salicaire  (Lythrum salicaria L.)    Lythraceae – Parfois cultivée en plante vivace ornementale. Milieu humide.
Lythrum à feuilles d'hysope  (Lythrum hyssopifolia L.)  Lythraceae
Amaranthe à épi vert clair (Amaranthus hybridus L.)  Amaranthaceae

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Salicaire commune Lythrum à feuilles d'hysope  Amaranthe à épi vert clair


Gaillet des sables  (Galium arenarium  Loisel.)  Rubiaceae – Gaillet peu commun.
Cakilier – Roquette de mer (Cakile maritima L.) Brassicaceae
Giroflée des dunes  [Matthiola sinuata (L.) R. Br.]  Brassicaceae

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Cakilier – Roquette de mer Gaillet des sables  Giroflée des dunes


Mauve musquée (Malva moschata L.),  Malvaceae
Linaire commune ou 'Chasse venin' (Linaria vulgaris ssp. vulgaris Mill.) Scrophulariaceae/Plantaginaceae
Jasione ou Herbe bleue / Fleur de tonnerre  (Jasione montana var. littoralis L.)  Campanulaceae

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Mauve musquée Linaire commune Jasione


Lycopsis des champs (Lycopsis arvensis  L.)  Boraginaceae    
Œillet de France  (Dianthus gallicus Pers.)  Caryophyllaceae – Protection nationale.
Betterave maritime [Beta vulgaris ssp. maritima (L.) Arcangeli]   Amaranthaceae

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Lycopsis des champs Œillet de France Betterave maritime


Tamaris  (Tamarix gallica L.)   Tamaricaceae
Scille d'automne  [Scilla  autumnalis L.)  /  syn.: [Prospero autumnalis (L.) Speta]   Liliaceae – Plante à petit bulbe. Elle fleurit avant l’apparition des feuilles.
Renoncule sarde  (Ranunculus sardous Crantz)    Ranunculaceae

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Tamaris Renoncule sarde  Scille d'automne


Date de création : 22/08/2017 @ 12:19
Catégorie : Rétrospectives - Sorties Botaniques-Année 2016-2017
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