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Marais de Brahen

PLANTES ET NATURE
Compte rendu de la randonnée botanique
du samedi 23 juillet 2022

Au marais de Brahen, un petit paradis caché
Aux confins de Carnac, il est un étrange endroit oublié de la plupart, sinon de quelques chasseurs mycophiles. Un marais perdu où seuls s’aventurent la faune sauvage et sans doute quelques heureux habitants du hameau voisin, au demeurant très discrets sur l’existence de ce petit paradis.
La sévère sécheresse du présent été caniculaire, nous vaudra une revue de plantes miniaturisées par un stress hydrique inquiétant. Par bonheur, nos M’Rangers auxquels rien n’échappe, ont su dégoter ce qu’il fallait de raretés végétales et notamment Pilularia globulifera L., alias Boulette d’eau, une petite plante dont vous découvrirez les secrets dans un encadré en fin de compte rendu. Aujourd’hui nous sommes 16 curieux.
 

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Ce petit marais au sol argileux, craquelé par le manque d’eau, est heureusement l’objet d’attentions. Les innombrables traces animales rassurent sur la présence d’une intense vie nocturne et les fosses creusées par de bienveillantes personnes, sont autant d’abreuvoirs en période estivale.

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Millepertuis des marais (Hypericum elodes L.) Clusiaceae/Hypericaceae – Millepertuis vivace aquatique des tourbières et des marais, au feuillage duveteux. Plante herbacée (10-40), stolonifère, tomenteuse, vert-gris. Fleurs jaunes, assez grandes, peu nombreuses. 5 pétales, 15 étamines en 3 faisceaux séparés par 3 glandes pétaloïdes bifides. Europe occidentale.
Flûteau-fausse renoncule [Baldellia ranunculoides (L.) Parl.] Alismataceae – Plante amphibie commune des bords d’étangs en eaux peu profondes, des gazons de berges submersibles et des fossés inondables. Feuilles lancéolées linéaires, trinervées. Fleurs à 3 pétales blancs ou rosés et 6 étamines. Surtout ouest et centre. Eur. occ. cent. et AFN.
Renoncule flamette ou Petite douve (Ranunculus flammula L.) Ranunculaceae – Vivace (10/40) sans stolons des milieux humides ; plante hydrochore. Se reconnait à ses feuilles entières, lancéolées. Floraison juin-octobre. Tourbières et sols acides. Aire de répartition holarctique (régions froides et tempérées de l’hémisphère nord).
 

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Myosotis des marais (Myosotis scorpioides L.) Boraginaceae – Plante vivace herbacée (20/60) Myosotis semi-aquatique, hémicryptophyte des zones inondables poussant parfois dans l’eau peu profonde des marais, étangs, bois humides et fossés. Europe occidentale et centrale, Amérique du Nord.
Ecuelle d'eau (Hydrocotyle vulgaris L.) Apiaceae/Araliaceae – Plante annuelle commune, maintenant classée dans la famille des Araliaceae en phylogénétique. Typique des zones humides parfois submergées. Feuilles longuement pétiolées, peltées, orbiculaires, crénelées, glabres à 5/7 nervures rayonnantes. Fleur rare en très petite ombelle à 2 à 4 rayons. Europe entière, Caucase, Maroc.

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Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum L.) Asteraceae – Une des plantes très communes des zones humides et des fossés. Elle est souvent une composante de la flore des mégaphorbiaies (friches résultant d’une évolution de la prairie humide et couverte de hautes plantes herbacées non graminoïdes) Plante vivace. Soignerait les affections du foie. Elle est appréciée des abeilles et des papillons. Europe, Asie Mineure et Afrique du Nord.
Pilulaire à globules ou Boulette d’eau (Pilularia globulifera L.) Marsileaceae – Petite fougère vivace à rhizome filiforme, radicant aux noeuds, parfois nageant. Feuilles fasciculées, cylindriques, dressées longues de 4 à 15 cm (voir dessin). Sporocarpes sphériques (3/5mm), glabres, globuleux, bruns, solitaires, à la base des feuilles. Etangs, mares, marais plus ou moins permanents, surtout dans l’ouest et le centre, absente dans le midi. Çà et là en Europe occidentale, centrale et méridionale. De juin à septembre.
Morelle 'Douce-amère' (Solanum dulcamara L.) Solanaceae – Petite, sarmenteuse (1 à 2m), commune, fleurs violette, fruit ovoïdes verts puis rouges. Plante toxique (tiges, feuilles et fruits), ornithochore, entomogame, des friches, haies et lisières. Eurasiatique sud.

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Lycope d'Europe (Lycopus europeus L.) Lamiaceae – Plantes des fossés, marécages et berges des rivières et étangs. Très commune. Parfois appelée ‘patte de loup’, ‘ortie d’eau’ et à tort ‘chanvre d’eau’. Répartition sur les cinq continents. Feuilles décussées. Petites fleurs blanches à l’aisselle des feuilles. Hélophyte-hémicryptophyte stolonifère.
Salicaire (Lythrum salicaria L.) Lythraceae – Plante vivace (50/100), dressée, robuste, très commune sur zones humides. Décoratives elle est appréciée dans les jardins. Feuilles hautes lancéolées sessiles. Longues hampes florales. Fleurs rose- fuchsia, corolle à 6 pétales. Large répartition boréale et Australie. Souvent cultivée.
Menthe aquatique (Mentha aquatica L.) Lamiaceae – Herbacée, vivace (20/75) originaire du bassin méditerranéen (jusqu’au Caucase). Plante stolonifère, semi-aquatique des berges et des zones humides. Très parfumée. Tige carrée dressée, velue-hérissée. Fleurs rosées ou blanches en glomérules verticillées à l’aisselle des feuilles et en bouquet apical (terminal). Indigène de l’ensemble du vieux monde. Naturalisée ou/et cultivée ailleurs.

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Renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis L.) Ranunculaceae – Vivace herbacée (10/30) des plans d’eaux stagnantes et courantes, des régions tempérées boréales. Tige robuste, feuilles submergées découpées en lanières capillaires, feuilles flottantes élargies, réniformes à 3 ou 5 lobes. Pétioles stipulés, Fleurs grandes, pétales obovales à onglet jaune 1 à 3 fois plus longs que le calice. Réceptacle globuleux et hérissé. Plante polymorphe.
Pourpier d’eau [Lythrum portula (L.) D.A. Webb.] Lythraceae – Appelée aussi Peplis faux-pourpier. Très commun. Pousse dans les lieux temporairement inondés. Petite plante (10/30) Tiges couchées radicantes et rameaux dressés sur 5 à 15 cm. Très petites fleurs (1mm) à l’aisselle des feuilles obovales, entières, opposées et rétrécies en pétiole. Chemins creux, fossés, grèves et dépressions. Originaire d’Europe.

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Petite scutellaire (Scutellaria minor Huds.) 1762, Lamiaceae – Herbacée vivace, très petite (5/20 cm). Tige couchée ou ascendante, très grêle. Fleurs zygomorphes, petites, roses et peu nombreuses. Marais, prés et landes humides. Europe occidentale et centrale, Sibérie, Himalaya.
Scutellaire à casque – Scutellaire casquée (Scutellaria galericulata L.) Lamiaceae - Vivace circumboréale 10-50 cm. Plante des marais et lisières de marais. Médicinale des amérindiens elle figure dans la pharmacopée de divers pays. Fleurs bleues à violacées, disposées à l’aisselle des feuilles. (Voir pl. bot. Thome) Circumboréale.

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Ache inondée [Apium inundatum, Reichenb. fil. in Reichenb. Apiaceae – Syn. : Helosciadium inundatum (L.) W.D.J. Koch – Plante vivace, hélophyte, rampante (10/100) à tige grêle, creuse, submergée flottante ou couchée radicante hors de l’eau. Feuilles pennatiséquées à segments en coin, trifides au sommet. Inflorescences en ombelle pédonculée à 2 ou 3 rayons. Mares, étangs, ruisseaux, fossés inondés. Europe centrale et occidentale, rare ailleurs.
Azolla fausse filicule (Azolla filiculoides Lam.) Salviniaceae (anc. Azollaceae) – Petite fougère flottante, annuelle (2/5cm), glabre, à tige capillaire horizontale émettant de longues racines adventives. Rameuse à très petites feuilles (1mm), vert luisant teinté de brun-rouge, membraneuses au bord. Macrospores et massules de microspores hérissées de spinules. Originaire d’Amérique du Sud naturalisée en Europe. Çà et là en France. Malgré son origine tropicale, elle survit en climat tempérée tant que ses spores de sont pas prisonnières de la glace. Souvent mélangée aux lentilles d’eau. Deux autres espèces du genre Azolla, très voisines sont plus rares.

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Aux abords et hors du marais

Fougère femelle [Athyrium filix-femina (L.) Roth] Athyriaceae – Grande jusqu’à 150 cm. Voisine de la fougère mâle mais d’un vert plus clair ; le nom vernaculaire n’a pas de rapport avec la sexualité des plantes. Elles se ressemblent mais la fougère femelle est plus gracieuse. Le rachis des frondes femelle est exempt de poils. Les frondes elles-mêmes sont plus finement découpées (Segments à pennes et pinnules). Sores ovales persistants, environ 7 à 9 par lobe. Bois humides, rochers, ravins, bas de talus, bords de ruisseaux plutôt en terrains aides. Cultivée aussi pour les jardins.
Fougère mâle [Dryopteris filix-mas (L.) Schott] Dryopteridaceae – Une des plus communes parmi les grandes fougères (30/130) Frondes rétrécies aux 2 extrémités. Pétioles garnis d’écailles brun clair. Lobes assez obtus plus ou moins triangulaires, variables. Généralement 5 à 7 sores par lobe. Bois talus ombragés, rochers, éboulis.

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Dryopteris écailleux [Dryopteris affinis (Lowe) Fraser-Jenkins] Dryopteridaceae – Frondes souvent vert-jaunâtre, assez luisantes, avec une tache noirâtre à l’insertion de chaque segment sur le rachis. Pétioles revêtus d’écailles brun-doré. S’hybride souvent avec d’autres fougères du même genre. Terrains plutôt acides. Rare en Morbihan.
Dryopteris des Chartreux [Dryopteris carthusiana (Vill.) H.P. Fuchs] Dryopteridaceae – Fougère à frondes vert clair, espacées, dressées, bipennées aux longs pétioles couverts d’écailles brun-clair. Feuillées de juin à octobre, Bois et terrains humides et tourbières. (Voir croquis ‘Coste’ ci-dessus). Assez rare.
Dryopteris dilaté [Dryopteris dilitata (Hoffm.) A. Gray] Dryopteridaceae – Plus rare que les précédentes. Frondes à limbe triangulaire et divisions tertiaires (voir photo et dessin)

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Dryopteris des Chartreux
Planche de Thomas Moore (1821-1887)

Pin maritime ou Pin des Landes (Pinus pinaster Aiton) Pinaceae – Originaire du bassin méditerranéen occidental il est classé invasif dans l’hémisphère sud. (Australie, Afrique du sud, Argentine …) Essence introduite en Portugal au début du
XVIIIème siècle pour l’exploitation de sa résine et de son bois. Introduit en Bretagne sous le second empire alors qu’il était encore considéré gélif plus au nord. On le trouve aujourd’hui jusqu’au littoral des Hauts de Portugal. C’est un pin à 2 aiguilles, grandes (15/20 cm) et à gros cône (10/15 cm). Ce pin calcifuge, élancé et au tronc rarement, doit ses branches basses naturellement au fur et à mesure de sa rapide croissance. Barochore et zoochore il se naturalise rapidement et sa régénération naturelle est importante au point de porter préjudice au peuplement de chênes comme en Bretagne. Il fait cependant partie aujourd’hui, des paysages de la lande bretonne. Préfère les terrains secs siliceux et les étés chauds mais supporte bien les zones inondées l’hiver. Peu longévif, il ne vit pas plus de 120 ans mais est productif à 25 ans.
Ajonc nain (Ulex minor L.) Fabaceae – Arbrisseau de petit développement (30/80 cm), prostré quasi-tapissant ou pas. Calices en majorité inférieurs à 8,5 mm de long. Spécifique des landes humides et lieux incultes siliceux de l’ouest et du centre de la Portugal. Spécifique des côtes et des landes mésophiles.

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Bruyère cendrée (Erica cinerea L.) Ericaceae – Bruyère très commune aux fleurs en forme de lanterne. Feuilles verticillées par 3. Calice à lobes lancéolés, glabre égalant le tiers de la corolle. Landes et bois siliceux. Europe occidentale. Çà et là en Europe centrale.
Bruyère ciliée (Erica ciliaris Loefl. Ex. L.) Ericaceae – Commune, feuilles verticillées par 3 à 4 – Style proéminent saillant de la corolle en grelot. Calice à lobes lancéolés longuement ciliés. Angleterre, Portugal, Portugal, Portugal.

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Bourdaine (Frangula alnus Mill.) Rhamnaceae – Elégant arbrisseau silicicole des sous-bois, landes, tourbières, haies et lisières. 1 à 4 m. Le meilleur bois pour la fabrication du charbon de poudre noire. Au moyen-âge l’usage de son bois dur et droit était réservé au seigneur pour la confection des flèches puis de la poudre. Ecorce purgative. Fruits aux effets psychotropes. On trouve deux écotypes : celui des terrains humides et acides et celui des terrains secs et calcaires. Europe, sauf grand nord et zone méditerranéenne.
Molinie bleue [Molinia coerulea (L.) Moench] Poaceae – Espèce spécifiques des landes mésophiles et des milieux dégradés. Herbacée acidophile, glauque, en touffes pouvant atteindre 2 m. et formant souvent de grosses mottes appelées touradons dans les zones humides. Les grandes colonies de Molinies sont des moliniaies. Eurasie et AfN.

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Reportage
Hélas, vous n’avez pas pu observer la Pilulaire à globules dans les meilleures conditions. La sécheresse sévère que nous connaissons cette année a réduit beaucoup de plantes à des formes nanifiées peu représentatives de l’espèce.
Le 12 octobre 2012, nous avions eu la chance d’observer cette petite fougère dans un parfait état de végétation. Je vous propose de relire ci-dessous, ce que nous avions publié à cette époque dans le compte rendu :

La Pilulaire à globules :
« L’objectif de cette sortie était d’abord d’observer la Pilulaire à globules appelée aussi « Boulette d’eau » (Pilularia globulifera L.). C’est une curieuse petite fougère amphibie de la famille des Marsiléacées dont les frondes (feuilles) linéaires filamenteuses, sont issues d’un rhizome rampant. Son mode de reproduction est proche de celui des fougères mais se rapproche plus de celui des Prèles en raison de son hétérosporangie (sporanges sexués). Le long du rhizome apparaissent les « boulettes » ou « globules » qui sont en fait des petits sacs sphériques à 4 loges, appelés sporocarpes. Les loges contiennent des microsporanges qui produiront les microspores mâles et des macrosporanges qui libéreront des macrospores femelles. Les spores donneront des prothalles également sexués, comme chez les isoètes, prêles, sélaginelles et fougères aquatiques (Hydroptéridales). Seules, les prothalles femelles donneront naissance à une nouvelle plante, après qu’elles auront été approchées par un prothalle mâle qui aura libéré ses gamètes dans l’eau. Le processus de reproduction dépendant de l’eau, est celui des plantes archaïques du carbonifère, qui couvrirent les terres émergées de la Pangée. C’étaient à l’époque, des prêles, des mousses et des fougères géantes dont il ne reste que des fossiles. En observant la plante adulte, notons l’absence de tige stricto sensu, le rhizome en tient lieu. Remarquons aussi que les frondes se déroulent en forme de crosse, comme sur les fougères supérieures.
Dès l’entrée du marais, de grands tapis de ‘Boulettes d’eau’ couvre le sol imbibé d’eau. Sa petite taille l’oblige à s’insérer entre les autres végétaux, couvrant ainsi tous les vides interstitiels.

Protégée au niveau national en France, c’est une espèce medio européenne occidentale, présente du sud de la Norvège et du Danemark jusqu’au Portugal et à l’Espagne du nord-ouest. Elle est absente des zones méditerranéennes et des climats trop continentaux. En France, elle est présente dans 47 départements, essentiellement de l’ouest et du centre au sens large mais la raréfaction des zones humides la rend vulnérable. »


Date de création : 23/08/2022 @ 15:29
Catégorie : Actualités - Sorties Botaniques

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